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Le monde dans tous les sens.

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Voilà, j'ai une bonne nouvelle les amis.

Mon bouillonnant cerveau a mis au point un nouveau concept commercial qui va faire fureur, j'en suis sûre.  

Pour être certaine de trouver un projet vendeur, j'ai réfléchi en terme de besoins universels. Oui, rien que ça. C'est ainsi qu'il faut penser si l'on veut se donner les moyens de réussir. 

Quel magasin aurait le plus de clients? 

La réponse est simple, évidente. 

Un magasin qui réaliserait TOUS LES REVES PROFESSIONNELS des gens. 

J'ai déjà trouvé le nom. La JobDeOuf Company. 

Oui, mais concrètement?

Vous marchez dans la rue tranquillement quand, soudain, une porte apparaît devant vous et s'ouvre. Vous vous retrouvez dans un lieu inconnu, aux contours flous, mais zen et avenant. Une hôtesse vous accueille : bonjour la belette, nous sommes si heureux de vous voir, vous êtes merveilleuse. Que voulez-vous devenir?

Euh, chanteuse d'opéra, mais je n'ai jamais fait de solfège, je ne veux rien avoir à apprendre, et je veux avoir directement la carrière de Nathalie Desay. 

Euh, PDG d'une multinationale d'avant garde dans tous les domaines, mais je ne veux pas faire d'études, et je veux être au top sans me farcir les échelons de la hiérarchie tout en étant vénérée par mes employés.

Euh, actrice de cinéma avec tout de suite un Oscar et le prix d'interprétation à Cannes, des réalisateurs genre Scorsese qui se prosternent à mes pieds, et que des critiques qui m'encensent.

Oui, bien sûr, nous mettons à votre disposition pour seulement 8 euros le KIT DE OUF qui vous permettra sans difficulté et sans le moindre obstacle de parvenir à ce que vous souhaitez en quelques minutes.

Attendez, mais j'ai rien à faire? Il n' y a pas de conditions? 8 euros, c'est tout?

Oui, ne vous inquiétez pas, vous venez d'entrer dans un monde où il n'y a plus d'inquiétude à avoir sur aucun sujet. 8 euros, vous avez raison, ce n'est guère élevé, mais nous pensons que nous avons beaucoup de clients susceptibles d'être intéressés par la MATERIALISATION DE LEURS REVES. Je vais à présent vous expliquer la marche à suivre.

Attendez, mais si je me lance dans un truc et que finalement j'aime pas? 

Vous repassez nous voir, nous ne sommes pas en France, vous pouvez changer de voie autant que vous voulez. L'essentiel, c'est votre accomplissement personnel. 

Attendez, mais si finalement ya quand même des trucs chiants à faire et que ça me saoule?

Ne vous inquiétez pas, voici ce que vous devez faire en cas de trucs chiants :

- un importun vient vous voir dans votre bureau pour savoir si vous avez fini de préparer la réunion de 19h. Vous appuyez sur RELOUD EJECT, il disparaît et le boulot à faire pour la réunion aussi.

- la paperasse s'amoncelle, les avis d'huissier s'accumulent, votre retard commence à vous stresser. Vous JETEZ TOUT A LA POUBELLE, et tous les montants des factures se mettent automatiquement à zéro.

- vous avez un coup de fil à passer à quelqu'un que vous ne pouvez pas supporter. Vous LAISSEZ TOMBER. Au pire, s'il finit par débouler dans votre bureau pour vous engueuler, vous appuyez sur RELOUD EJECT.

- on vous donne quelque chose d'autre à faire qu'aller chez le coiffeur ou vous balader dans les couloirs, et c'est urgent. Cette idée d'avoir un travail à fournir dans le cadre de votre boulot vous est intolérable. 2 options/ Vous cliquez sur Collègue-sympa-qui-fait-tout-à-ma-place et vous vous pointez l'air surmené au rendez-vous à la dernière seconde en récoltant tous les lauriers, ou bien vous sortez l'ENORMOUS MYTHO tellement enormous qu'on vous croira sur parole, voire on vous plaindra. Je comprends pas, ça fait une semaine que je bosse jour et nuit sur ce dossier, il était là, dans ce tiroir, je l'ai encore vu ce matin, et mon ordinateur a un virus, et je peux pas joindre mon marido qui avait une copie sur son ordi parce qu'il s'est voler son portable... Enfin, du coup vous n'avez rien foutu, et c'était le but de la manoeuvre.

- vous avez des horaires à respecter, mais c'est pas votre truc. NE RESPECTEZ RIEN SAUF VOS ENVIES. Vous êtes une star, les gens attendront. Vous n'allez quand même pas commencer à arriver à l'heure à un rendez-vous.

- Vous êtes en panne sèche d'inspiration. Pas de problème, vous ne faites rien pour ne pas vous fatiguer, quelqu'un viendra discrètement vous donner plein d'idées géniales, et vous les utiliserez en les faisant passer pour vôtres évidemment.

Oui, OK, mais si je m'ennuie?

Si vous vous ennuyez, vous prenez l'ascenseur et vous descendez au RDC (Redescends du Ciel). Là, vous tombez sur des hordes de gens qui vous hurlent que vous n'êtes qu'un imposteur, que si vous êtes là c'est uniquement grâce à la JobDeOuf Company et que vous n'êtes qu'une sombre bouffonne.

Oui, mais si du coup je finis par avoir l'impression qu'ils ont raison, que dans la vraie vie j'aurais jamais pu devenir un ténor du barreau ou être l'égérie de Karl? 

Bon, écoutez la belette vous le prenez le kit ou non? Vous n'allez pas passer votre vie à faire du free lance en free style et à vous prendre la tête pour un oui ou pour un non, si?

Well, tout bien réfléchi, je sais pas si mon concept va marcher. Parce que je me connais, 8 euros + 8 euros + 8 euros, je vais finir par dilapider tout mon porte-monnaie juste parce que je suis pas foutue d'aller au bout d'un seul de mes rêves.

Et ne dites pas que quand on veut on peut, j'ai essayé, c'est nul aussi comme concept.  

 

 

 

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brunch 001

Pendant que certaines brunchaient en sac python avec Pierre Hermé au Royal Monceau, j'accomplissais hier mon traditionnel rituel du dimanche avec mon amie Pup. 

Une fois par mois, nous testons un nouveau brunch (ok, on sera vos cobayes au Royal Monceau la prochaine fois, puisque vous insistez). D'après mon marido, cela représente 48 fois/an, mais je ne vois pas du tout comment il calcule...

Puisant dans le guide "Les 10 brunchs du moment" du Figaroscope, nous avons opté pour Nolita, le restaurant du showroom Fiat situé sur le rond-point des Champs Elysées.  

Il est clair que sans brunch pour nous aimanter, nous n'aurions jamais mis les pieds dans ce genre d'endroit. 

Nolita se trouve au 2è étage. En chemin, je tombe amoureuse d'une Fiat des années 50 baptisée Topolino avec laquelle je serais bien repartie à l'issue du repas. 

J'arrive à 11H30, on me pose à une table idéalement placée (à côté du buffet, on n'est pas là pour regarder le décor). La charmante serveuse me demande si je connais "le fonctionnement du système de brunch ici". Elle m'annonce un buffet à volonté, une boisson chaude, un jus pressé et "le reste en supplément". Je m'inquiète, car à 39 euros le brunch, on n'a pas forcément envie de payer chaque bouteille d'eau 12 euros en plus (avec pup on en prend généralement 7 ou 8, manger en permanence donne un peu soif). Mais ici, ouf, on a droit à des carafes d'eau (pas partout, sommes parfois obligées de prendre de l'eau minérale, vive Paris). 

A 11H50, Pup n'est pas là, j'ai oublié mon téléphone et je suis inquiète. On est toujours à l'heure quand on brunche, normalement. La serveuse me propose de la contacter via le téléphone du resto. Une initiative qui me plaît beaucoup et qui fait directement entrer l'équipe du Nolita dans la catégorie "service efficace et attentionné".  

Pup arrive, elle va bien, et surtout on peut commencer à se pencher (se jeter) sur le buffet. 

Après avoir jeté un oeil sur la très longue table déployant des antipasti par milliers (ohlalala regarde, ohlalalalala), nous démarrons invariablement par la partie petit-déjeuner : chaque chose en son temps.

Pas de doute, nous sommes en Italie. Cela se voit non pas au décor (chic, lumineux, épuré, noir et blanc ponctué d'aimables fleurs rouges), mais aux propositions concoctées par l'ancien chef d'Il Cortile et sa pâtissière. On n'est pas là pour s'enfiler des tartines beurrées et des Chocapic, mais on a droit à des cornetti (croissants à la crème ou à la confiture), une brioche en mode panettone et du Nutella (que notre voisine italienne a consciencieusement tartiné sur son cake au chocolat). 

On prend un thé (Damman), parce que le chocolat n'est pas maison. Le jus d'orange est effectivement pressé minute, mais trop dense (c'est bien quand il y a de la pulpe, mais que de la pulpe...). 

On papote 30 secondes, puis on enchaîne sur le salé, il ne nous reste que 4 heures avant de quitter les lieux.

Le Figaroscope nous avait prévenues : le buffet est si fourni qu'on a parfois du mal à tout atteindre (nous on y arrive, expérience oblige). C'est extraordinairement varié. Involtini (petits roulés) en tous genres, pizza, focaccia, artichauts à la romaine, speck farci au chèvre, poivrons farcis, roquette-parmesan-bresaola, sardines marinées, courgettes grillées, saumon fumé, carpaccio de poulpe, tomates-mozza di buffala, nombreuses salades, fromages italiens... Un seul plat chaud cependant (!) : des cannelloni ricotta-épinards. 

Tout est très frais, et bon. Rien de particulièrement raffiné, mais la qualité est là. Un vrai bémol cependant : beaucoup de préparations auraient largement été plus valorisées si elles avaient été proposées chaudes (arancini, quiche aux épinards, petits gratins, feuilletés, etc.).

Côté sucré (pour des gens normaux, il ne reste plus de place à ce stade du repas), une salade de fruits (frais, avec des fraises, de l'ananas, du kiwi...) voisine une kyrielle de tartes chocolat-pignons (il n'y en avait plus), abricots, poire-amande, des muffins (? ), un cake chocolat-banane sans banane, du tiramisu (naze), de la panna cotta (délicieuse). Rien qui vaille la peine de garder une large place pour le dessert, à part la panna cotta. 

A 17h, on a levé l'ancre, et on a marché 500 mètres pour entreprendre un petit travail digestif. 

Faut-il y aller? Oui, mais pas si à l'image de mon marido vous préférez une côte de boeuf à des légumes aussi roulés/marinés/confits soient-ils. Non, si vous ne brunchez que dans des endroits type Royal Monceau. 

Le rapport qualité-prix est correct pour Paris.

L'ambiance : relativement impersonnelle, mais on s'en fout, l'essentiel c'est qu'on puisse retourner au buffet autant qu'on veut sans être regardées de travers.

Bilan calorique : ça va, des courgettes, des tomates, des poivrons, des fraises, ça doit pas peser bien lourd sur la balance. La mozza ça compte pas, on est d'accord? 

Ps: ça y est, je suis un involtini et je roule en Topolino, trop la classe. 

Nolita, 1 avenue Matignon, 75008 Paris. Buffet à 39 euros, plus une boisson chaude et un jus de fruits pressé. 

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J'aimerais vous livrer aujourd'hui le fruit de mon expérience : 33 ans d'amitiés diverses, cultivées avec une implication variable, pour un résultat plutôt satisfaisant dans l'ensemble (détail qui a son importance).

Nous sommes bien d'accord sur le fait qu'on n'est jamais ami avec quelqu'un par hasard. 

Un ami, c'est quelqu'un qui remplit une FONCTION dans notre vie.

Un ami, c'est quelqu'un qui :

- est plein d'attentions à notre égard (mais pas parce qu'il se sent obligé, juste parce qu'il n'en revient pas d'être ami avec nous)

- nous appelle pour prendre de nos nouvelles parce qu'on lui manque et pas parce qu'il veut qu'on lui rende un service (ah et j'oubliais, tu me dis non si tu peux pas, ça te dérange de garder mon fils pendant 6 mois?)

- nous écoute sans nous juger (ou du moins sans nous juger ouvertement, faut pas rêver)

- nous raconte sa vie parce qu'on est la meilleure des confidentes (mais sait s'arrêter quand ça commence à nous saouler, c'est bon, je crois que la fois où elle t'attendait à la sortie du cinéma, je la maîtrise mieux que vous deux maintenant)

- feint la surprise quand on radote ( Ah bon? Il t'a dit ça???? Mais c'est génial!!)

- feint l'indignation quand on est énervée pour de justes causes (Comment ça, elle a mangé le dernier éclair qui restait et que tu t'étais gardé en douce? Mais c'est immonde!)

- adopte la diplomatic attitude en toutes circonstances (cette robe te va magnifiquement, mais tu risques de prendre froid, il caille là-bas = tu es dinausoresque dans cette tenue, épargne-nous ça stp/ mais non t'as pas raté ton gâteau, moi j'adore quand c'est brûlé dehors et cru dedans)

- fait office de taxi et devance tous nos désirs en la matière (la belette, t'as pas envie d'aller dans un super resto ce soir? Allez, pas d'excuse, je viens te chercher, je t'invite au resto, et je te ramène) : ce type d'ami, je ne l'ai pas rencontré, si vous en connaissez un, envoyez-le moi

- rit à toutes nos lourdeurs

- monte nos meubles/repeint nos murs/va chez Casto à notre place/ne se contente pas de nous dire "T''as qu'à faire comme ça", mais vient, fait, et repart 

- admire tout ce qu'on fait ou nous trouve des circonstances atténuantes ( ton blog n'est pas très intellectuel, mais c'est parce que t'as pas le temps avec la vie de dingue que tu mènes/ c'est parce que personne ne comprend ton 15è degré/ c'est parce que tout ce que tu fais est super par ailleurs, donc tu en laisses un peu pour les autres)

- nous dit toujours qu'on n'a pas à culpabiliser (même si c'est pas du tout notre genre)

- nous rassure (c'est bien quand même d'avoir essayé de faire du sport 5 mn)

- sait nous remettre dans le droit chemin en cas de légère déviance (attends, t'es sûre que c'est très très très grave si t'as fait une micro-gaffe au dîner d'hier?)

- nous offre des scoops, des invitations à l'opéra, des sacs Chloé, un aller-retour à New York à la moindre envie d'évasion, son amitié, des séances de Spa au George V au moindre cerne, etc.

- nous aime pour ce qu'on est, même si nous on ne l'aime que parce qu'il nous est utile

- ne lit pas notre blog que pour se foutre de notre gueule dans notre dos, mais aussi parce que, à un moment donné, il a cru lire un truc un peu moins débile que d'habitude

Parmi nos amis, nous devons absolument compter :

- des avocats : pour qu'ils nous donnent des conseils sans qu'on ait à payer chaque fois qu'on leur passe un coup de fil

- des médecins, généralistes et spécialistes : une ORL pour qu'elle infirme nos suspicions d'otite au moindre pleur douteux (si cette ORL est la meilleure des amies d'enfance, et qu'en plus elle est mariée à un chirurgien qui fait bien la cuisine, elle a tout compris), une experte bruxelloise qui peut nous faire des consultations à distance à la moindre question qu'on n'oserait pas poser à un médecin classique, des dentistes habiles en administratif (...), des pharmaciens en cas d'oubli d'ordonnance jamais donnée etc.

- des profs pour qu'on puisse faire genre on connaît des profs

- des amies chics (Chipie Chic, Unconventionnal Chic) pour compenser nos lacunes en la matière

- une DRH (très très utile, et encore mieux si son père est expert comptable)

- une coach altruiste, généreuse et ultra-compétente qui clame partout qu'elle adore notre esprit merveilleux

- une attachée de presse remarquable qui va bientôt nous présenter à un éditeur/la rédac chef d'un grand magazine

- des consultants/chefs d'entreprise/directrice de recherches au CNRS/pontes dans différents domaines/personnalités charismatiques en tous genres/super animatrice télé (ouais, j'ai ça en magasin), ça sert à rien, mais ça fait bien

- des voisines hyper assidues à la lecture de notre blog et qui ont promis de continuer quand elles seront au Gabon

- des personnes surbookées mais qui trouvent tout de même le temps de taper chaque jour www.mesimpostures.com et d'en parler autour d'elles

- de jeunes mamans qui lisent tout le temps le blog et le trouvent sincèrement sympa (comment ça qu'est-ce que j'en sais?)

- des inconnus géniaux qui lisent mon blog, puis reviennent parce qu'ils le trouvent super (vous, vous êtes dignes d'être mes amis)

- des stars du marketing pour des conseils réguliers en imposture

- des personnes qui aiment manger, ne trouvent pas vain de parler bouffe pendant des heures, et cuisinent pour nous dès qu'on émet un souhait en ce sens

- toutes sortes d'autres personnes qui ont toutes en commun d'être là quand on en a besoin

Si après ce billet, un ou deux de mes amis choisissaient de le rester en toute connaissance de cause, qu'ils se manifestent. Je leur offrirai en retour mon AMITIE DESINTERESSEE A VIE. 

 

 

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Avant mes 30 ans, je n'étais que simplicité. 

J'étais déjà très heureuse lorsqu'on prenait mes sacs H&M pour des Mango.

Le jour de mon anniversaire, des amis m'ont offert un bon d'achat à utiliser au Printemps. Le cadeau était accompagné d'une suggestion d'achat : un beau sac. 

Faute de parvenir à un consensus (je suis insondable et imprévisible, voyez-vous?), ils ont décidé de me laisser choisir. Voilà, tu as le budget, vas-y maintenant!

Oh lalalalala, avant j'avais envie de plein de sacs, celui-là il est trop beau, regarde le sac de truc, il est dingue, ouaouh si seulement...

Maintenant que je peux, je sais plus. Je dois en choisir un qui deviendra pour moi LE SAC. Je ne dois pas me décevoir, ni trouver dans 5 ans que j'étais super plouc quand je l'ai acheté, ni me lasser de la couleur, ni regretter de ne pas avoir opté pour un autre modèle etc.

La pression est à son comble, je dois trouver LE SAC QUI SUFFIRA A CONTENIR TOUS MES DESIRS DE SAC.

J'embarque des amies volontaires pour me conseiller. Au passage, elles se conseillent elles-mêmes et se donnent des idées pour s'acheter des porte-feuilles, ou se faire offrir un sac aussi.

Nous retournons à plusieurs reprises au RDC du Printemps. Gérard Darel, Marc Jacobs, Jérôme Dreyfuss, Sonia Rykiel et consorts défilent sous nos yeux (enfin, leurs sacs), mais entre it bags, insipides bags et mémères bags, désolée, mais je ne craque pas. J'aimais bien le 24h de Darel, mais déjà moi il me faudrait un 200 heures, et depuis que j'ai vu des nanas de 12 ans l'utiliser comme cartable ça m'a direct supprimé le fantasme.

Le problème, c'est que je n'ai pas envie de posséder un sac qu'on a déjà vu au bras de quelqu'un (de qui que ce soit, je précise, je ne suis pas une brebis, aussi modeuse soit-elle). 

L'autre problème, c'est qu'ayant épuisé toutes les possibilités du RDC, j'ai fini par monter au 1er étage du Printemps, celui qui s'appelle "Luxe".

Quand on cherche un sac, il ne faut jamais monter au 1er étage du Printemps, parce qu'après on ne peut plus redescendre.

Givenchy, Balenciaga, Marni, Céline, Dior... Je commence à regarder, à toucher, à aimer, à adorer, je veux celui-ci, le Balenciaga taupe, attends il fait pas un peu classique, regarde le Givenchy, tu penses quoi, chais pas j'hésite, et le Dior, il est mignon tout plein, non, bof finalement je trouve que c'est pas trop moi...

Rien ne m'emballe (en 60 visites, ce serait trop facile).

Je reviens, seule, une semaine plus tard (Quoi? C'est la nouvelle collection), je vais d'abord au RDC parce que je suis raisonnable, mais c'est trop tard, je suis atteinte du SYNDROME DU 1ER ETAGE DU PRINTEMPS et je suis aimantée par les escalators. 

Je pré-sélectionne un divin Marni taupe. Chic, classe, discret, c'est tout moi. 

Je reviens avec la Renarde pour qu'elle valide mon Marni, on fait un stop chez Chloé. Exit le Marni, mon choix se porte définitivement sur un inénarrable sac camel Chloé, avec l'aval de l'ensemble des clients et vendeurs du 1er étage (sommes relativement sonores avec la Renarde). 

Bon, euh, le prix excède légèrement mon enveloppe... J'appelle mon marido pour savoir si je peux en régler une minuscule partie avec notre liste de mariage. Il me demande combien, "Euh, les 3/4 du montant, mais j'achète jamais rien, pour une fois que j'aime un truc, tu te rends compte, ya des nanas qui achètent un sac par mois". Il dit oui.

Depuis que je me pavane avec mon Chloé, personne ne le prend pour un Mango. 

Depuis que je me pavane avec mon Chloé, je fais partie des personnes à qui les folles de sac disent "Il est sublime, il vient d'où?" (je réponds "de chez C&A", c'est mon humour "1er étage du Printemps").

Je précise que ce n'est pas parce que c'est un Chloé qu'il me plaît. Ce que j'aime dans ce sac, c'est la qualité du cuir, la couleur, l'originalité, les finitions. Il me rehausse parce qu'il est beau, pas parce qu'il est cher ou parce qu'il vient d'une marque de désir. Toutes les considérations autres que qualitatives ou esthétiques ne sont pas miennes (Attends, t'as la même paire de Jimmy Choo que Carrie Bradshaw dans Sex in the City? Je les veux!!!). 

Enfin, il y a quelques mois, j'ai décidé de m'acheter un nouveau sac (même avec un Chloé, au bout de 4 ans non stop, un brin de changement s'impose). Sauf que je n'ai plus ni bon d'achat ni liste de mariage, et que maintenant, je me suis trop habituée à LA QUALITE DU CHLOE.

J'ai tout de même parcouru les allées où je me rendais avant d'aller au 1er étage du Printemps. H&M, Mango, marché, boutiques lambda... Curieusement, rien ne m'a emballée et j'ai finalement dégainé le sac de plage de l'été dernier en plein hiver. 

Eh bien, figurez-vous que ce sac merdique en tissu violet avec écrit en majuscules SAC DE PLAGE dessus, acheté chez Kiabi (vous avez bien lu) a fait FUREUR CHEZ LES FASHIONISTAS. J'ai donc compris que pour être une modeuse de référence, il suffisait d'OSER ETRE DECALEE et de mettre/porter/secouer n'importe quoi, le tout étant d'assumer.

Donc, pour moi, la vie se joue désormais entre Chloé et Kiabi. Mais j'ai quand même une petite préférence.

 

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Pour être un véritable imposteur, il est essentiel d'avoir des amis issus de tous les univers. Cela permet d'avoir des anecdotes à raconter en toutes circonstances, de se faire passer pour une modeuse super hype, ou de faire celle qui sait tout alors qu'elle ne connaît strictement rien. 

Aujourd'hui, je voudrais vous parler de ma copine qui bosse dans le cinéma. J'ai eu du flair lorsque je l'ai choisie comme amie en 5è : je savais qu'elle me serait très utile par la suite. 

Je dois dire que cette amie n'a pas exactement la même vie que moi.

Quand j'envoie un texto, on sait que je suis dans un périmètre de 1 km autour de chez moi, et mon rapport à Hollywood se limite à "Je viens d'aller voir In the air avec mon marido, c'est décevant". 

Quand ma copine envoie un texto, cela peut être :

- Montée des marches dans 1h, c'est l'horreur, j'ai rien à me mettre, et toi ça va? (non, ça va pas, j'arrive pas à allumer ma télé)

- Coucou suis dans le bateau d'Almodovar et je discute avec Penelope Cruz, et toi tu fais quoi?  (je range les courses)

- Suis sur la Muraille de Chine/ aux temples d'Angkor/sur l'île de Pâques, c'est trop beau, et toi, tu pars bientôt? (oui, demain, à Vincennes pour voir une amie)

- Suis en train de dîner avec Benicio del Toro, on est une petite dizaine, t'as vu le palmarès? (Ouais, c'était sûr que Benicio allait gagner)

- Bon, j'essaie de te choper une peluche à Tokyo pour chouquette demain, là ya rien de bien à Toronto, au pire je trouverai mardi à Johannesburg, donne des news! (suis crevée, je te répondrai demain, je me suis levée à 9h ce matin)

(message audio) - écoute ça... C'est le jacuzzi de ma suite, c'est trop cool, bon j'te laisse, j'ai rendez-vous sur la plage avec un producteur dans 2 mn (écoute ça, c'est mon coca qui fait des bulles)

Cette copine qui fait du cinéma habite à quelques rues de chez moi. Parmi ses qualités, il y a celle d'être aussi tarée que moi avec la bouffe. 

Lundi, à son retour de Los Angeles et avant son départ dans le Kerala pour un séjour ayurvédique, nous sommes allées dîner dans un resto que j'affectionne particulièrement dans le 18è, rue des 3 Frères.

Ce petit resto s'appelle le "Potager du Père Thierry", il m'avait été conseillé par la renarde il y a quelques années, et ne m'a jamais déçue. 

C'est un tout petit resto pas du tout bobo et ça fait un bien fou. Certains diraient, à raison, qu'il "ne paie pas de mine", mais le fait qu'il soit plein à toute heure démontre que je ne suis pas la seule à aimer ce qui est bon.

Accueil chaleureux, ambiance franchement sympa (nos voisins, séparés de nous par 2 cm, nous ont offert en partant la bouteille de vin qu'ils avaient à peine entamée), service impliqué (Vous hésitez? Prenez l'oeuf mollet au foie gras!), cuisine ultra fraîche, copieuse, familiale (père et fils oeuvrent dans la micro cuisine), classique relevée de pointes d'originalité, et franchement bonne. La spécialité ici ce sont les tartines poilâne, ne vous attendez pas au trip sophistication & co. 

En entrée, nous avons opté pour la terrine roquefort-poires et l'oeuf mollet au foie gras. Parfait.

En plat, la "pêche du jour" (on a vu le pécheur), cabillaud à l'indienne, riz et salade. Parfait (pour le prix et l'ambition du lieu). 

En dessert, nous étions HS mais mon souvenir du gâteau au chocolat avait un furieux goût de revenez-y. Et on a bien fait d'y revenir (on a partagé, tout de même), il était au beurre demi-sel, peu cuit sur l'intérieur (attention, ce n'est pas l'habituel mi-cuit, même s'il faut reconnaître que ça y ressemble), une merveille. 

Plus du vin pas mal du tout, des tisanes de déculpabilisation, le tout pour une petite cinquantaine d'euros à 2 (ma copine pensait qu'on en aurait pour 150, c'est un brin exagéré mais c'est dire la qualité du repas).

Avec mon amie, on a mangé à ne plus pouvoir respirer, et on a parlé en espérant que ça nous ferait digérer.

Quant je dîne avec ma copine qui bosse dans le cinéma, j'ai droit à une série de scoops en exclu, et ça, croyez-moi, ça périme grave mes Voici. 

- Moi : Et machine, elle est comment en dehors des films, je l'adore?

- Elle : Tu l'adores? Attends, mais c'est une vraie xvysdztfthdz, personne ne peut se la voir dans la milieu, c'est la grosse joke.

- Moi : Ah bon????? Mais je la trouvais hyper simple, hyper nature.

- Elle : Non mais tu me fais marrer, tu crois quand même pas que toutes ces nanas qui se la jouent "Moi, je suis contre la chirurgie esthétique, moi, je pense que les rides sont l'expression d'un vécu, etc.", elles sont vraiment comme ça? Elles se baladent toutes avec un coiffeur et un maquilleur 24/24!

J'ai passé ma soirée à faire des non, je peux pas le croire, non, c'est pas vrai, arrête, tu déconnes, QUOIIIIIIII, machin sort avec truccccccc? Quoi, tout le monde ne boit pas que de la Badoit pendant le festival? Quoi, ya pas que des trucs jolis-jolis qui se font pendant les soirées (mais quoi par exemple? NONNNNNNN!!!!).

Avoir une copine dans le cinéma, c'est bien parce qu'on en ressort un tantinet moins naïve sur le monde qui nous entoure, moins bien parce que tous ces scoops de dingue, j'ai promis de les garder pour moi, c'est horrible, et du coup ça n'a plus aucun intérêt.

Avoir une copine dans le cinéma, ça permet d'avoir une fille de 2 ans qui a une tétine de Shanghaï, des chocolats de l'Ile de Pâques, des Ugg achetées à Sidney, un cerf qui danse en provenance de New York, un automate qui marche déniché à Tokyo, une peluche de 1 m2, des petites chemises péruviennes, etc.

Ah non, je réalise que tous ces cadeaux ne sont pas liés au fait qu'elle bosse dans le cinéma, mais à son hyper générosité et surtout au fait que, quel que soit le point du globe où ma copine se trouve, elle n'oublie pas que l'essentiel dans sa vie, c'est d'alimenter le blog de la belette, et ça, c'est pas du tout un film que je me fais.

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Hier soir, Romain avait la mèche triste.

Et mon amie Pupu et moi, nous n'en menions pas large à l'issue des 3h de massacre en direct.

Sur M6, l'événement tant attendu, le "choc des champions" (la formule n'est pas de moi, je tiens à le préciser) s'est soldé par le laminage de Romain Tischenko au profit de Stéphanie Le Guellec.

Vous savez déjà ce que je pense du cru Top Chef 2011. L'émission d'hier m'a confortée sur bon nombre de points.

Seul aspect positif : l'absence de Cyril Lignac. On a regretté ses "cette sole/ce dessert/cette salade/ce velouté... est très gourmand", mais on était bien contentes qu'M6 prenne enfin conscience qu'un programme culinaire peut être mené de bout en bout sans le gai luron des casseroles. On se demande d'ailleurs comment Alain Passard ou Pierre Gagnaire ont pu obtenir 3 macarons Michelin sans avoir été coachés par notre gourmand ami.

Pour l'occasion, Pupu avait concocté un cheese caké salé aux herbes avec sa roquette au vinaigre d'érable (vous ne connaissiez pas, moi non plus, delicious). Après avoir été de déception en indignement sur les précédentes émissions (attends, j'ai l'impression que les gens savent qui a cuisiné quoi, attends mais c'est quoi ce concours où l'on ne juge pas à l'aveugle?), nous allions enfin retrouver Romain, le looser de la précédente saison qui avait fini par rafler la mise avec ses légumes qu'il comprenait à la perfection.

On en était sûres, Romain n'allait faire qu'un carpaccio de Stéphanie Le Guellec qui avait déjà trop duré avec ses 29 ans qui en font 60 et son antipathie à toute épreuve. 

Il faut savoir qu'avec Pupu on se trompe systématiquement dans nos pronostics télévisuels.

L'émission était en direct. Chez M6, ils s'escriment à faire des émissions de cuisine en live pour les finales, mais ils n'ont toujours pas compris que l'exercice exige un certain sens du rythme.

Sur 3h de programme : 20 mn de cuisine, 30 mn de pub (3 mn toutes les 5 mn, à peu près, j'ai la flemme de compter), 50 mn d'ameublement des espaces creux par les animateurs, et 1H25 au bas mot de redites des anciennes émissions (ça, c'est la spécialité d'M6, refourguer en boucle des images datant au mieux de l'année d'avant, au pire de 5 mn plus tôt). On a donc pu mater toutes les scènes clés de cette saison et de la précédente (qu'on avait déjà revues dans 5 best of) et les recettes que les chefs nous avaient concoctées il y a deux semaines (mais enfin le chemisage de l'oeuf par Christian Constant, je devrais peut-être le voir une 8è fois avant de le reproduire à l'identique).

Avant d'entrer un peu plus dans le déroulement du calvaire de Romain, j'aimerais dire à M6 qu'Agathe Lecaron l'année prochaine dans Top Chef, C'EST NON (elle a sans doute d'autres compétences qu'animer une émission culinaire à une heure de grande écoute, parce que là, on serait presque capables de préférer Daniela Lumbroso).

Le principe hier consistait à multiplier les épreuves de courte durée pour mettre en danger les Top Chefs. Pour les 3 premiers défis, un handicap a été ajouté de façon totalement arbitraire par des spectateurs au téléphone (je suis sûre que c'étaient les parents de Stéphanie Le Guellec, parce qu'ils ont tous deux jugé bon de pénaliser Romain). 

Le bon sens, l'altruisme, l'évidence auraient commandé de retirer 5 mn à Stéphanie qui, fraîchement émergée de sa victoire et d'une endurance de 8 émissions, était en pleine possession de ses moyens et de sa confiance en elle. Alors que Romain, ça fait un an qui se fait des petits voyages en Asie pour savoir assaisonner le Yuzu et qu'il se balade dans Paris à la recherche d'un resto où il puisse dignement poser ses petits pois sur des haricots verts.

1er challenge, le dessert au poivron, 3/0 pour Stéphanie.

La mèche de Romain commence à douter.

Le marathon se poursuit avec un "carpaccio en volume". Romain, avec ses 15 mn au lieu de 20, nous offre un magnifique veau façon maki au daïkon, Stéphanie quant à elle aboule une boule de boeuf sur des spaghetti croustillants et carpaccio de mangue (en 20 mn, fastoche, elle n'a aucun mérite) et gagne encore pour atteindre 6/0. 

La mèche de Romain, malgré les réguliers "Romain peut nous surprendre, il l'a déjà souvent démontré" de Piège, malgré les " sachez que vos 5 mn de moins peuvent se tourner en avantage" énoncés une vingtaine de fois par Agathe, la mèche de Romain disais-je, semble déjà ne plus y croire du tout. 

3è défi, c'est enfin Stéphanie qui perd 5 mn, et du coup, Romain gagne (il y a donc un lien entre le temps de préparation et la réussite d'un plat). Très bonne idée Romain le moelleux salé sans cuisson avec un jaune d'oeuf dedans (comme ça, pas de panique avec le four, et le jaune cru, pas de doute, il coule). 

Enfin, dernière épreuve, faire une entrée et un plat au chocolat. Romain nous embarque en Asie avec un petit bouillon mignon tandis que Stéphanie se la joue foie gras et récolte du coup des "c'est beaucoup plus travaillé" qui la font grapiller point sur point. Piège qui a le destin de Romain entre les mains déclare "la cuisine qui me touche, c'est celle de l'assaisonnement, et c'est celle de Stéphanie". 0/8 pour la mèche de Romain à l'issue de l'ultime épreuve, avec Pupu on pressent la fin parce que tout le monde qui vote pour Stéphanie, normalement, ça devrait donner Stéphanie vainqueur.

L'art de l'épure et la cuisine de la simplicité made in Tischenko ont péri sous l'assaisonnement de Le Guellec. Le pathétique de la situation a atteint son paroxysme lorsque Stéphane Rotenberg a demandé à Romain: "Vous venez de sortir un livre, pouvez-vous nous rappeler le titre (vous qui n'avez fait que prouver votre nullité ce soir)"? Euh... "Du style dans l'assiette". 

Romain, ce qui compte pour être un champion, c'est la vinaigrette, pas le style. Ce matin sur Twitter, tu t'es excusé. "Sorry les loulous. Une grosse gamelle. Merci à tous." Nous, avec Pupu on ne t'en veut pas du tout, le grand show c'est pas ton truc, pour toi ce qui compte c'est de bien comprendre ce que l'artichaut à à nous dire pour le laisser ensuite s'exprimer dans l'assiette.

Hier, les conditions pour que tu puisses écouter battre le coeur de l'artichaut n'étaient pas réunies. Mais ces émotions-là, avec Pupu, on a hâte de les découvrir dans ton resto.


 

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Ce matin, alors que je ricanais avec mes nièces qui ont 10-15 ans de moins que moi, quelqu'un s'est exclamé:

- C'est dingue, on dirait que vous avez le même âge!

D'autres personnes ont renchéri avec force vannes : elles étaient on ne peut plus d'accord.

Ce type d'épisode, récurrent dans ma vie, démontre que:

- je fais jeune

- je suis immature

Si j'avais 50 ans, cela me rendrait sans doute très amoureuse de moi-même si l'on me disait que j'avais l'air d'avoir l'âge de mes petites-filles.

A 33 ans bien frappés, faire jeune c'est sympa 5 secondes. 

Alors que je marchais dans la rue il y a quelques jours, un type s'est arrêté et a demandé à la nounou si chouquette était sa fille. Puis il s'est tourné vers moi et a dit: ça ne peut pas être la tienne, toi t'as 14 ans. 

J'ai beau déambuler enceinte pendue à mon marido (qui lui ne fait pas du tout 14 ans), on me donne invariablement du mademoiselle (pas pour me flatter, mais parce que j'ai l'air d'une gamine).

On se demande si certaines de mes copines sont ma mère, alors qu'elles ont 5 ans de plus que moi (double effet vexatoire, pour la copine et pour moi).

Il n'y pas si longtemps, quelqu'un a sonné chez moi et, me voyant, a demandé : "Excuse-moi, ils ne sont pas là tes parents?" (véridique).

Même ma voix fait jeune, c'est insupportable. Je n'ai aucun crédit quand j'essaie de faire valoir mes droits de consommatrice auprès de quelque interlocuteur que ce soit. Tout le monde obtient ce qu'il veut (un an de consommations gratuites, un i-phone à 5 euros...) de Bouygues après avoir fait réparer son Blackberry 3 fois en 5 jours et perdu 50 clients potentiels, mais moi je m'en tire au mieux avec une engueulade de la nana, au pire avec des sous à donner pour leur avoir fait perdre leur temps. 

Notre four explose, je râle, j'obtiens de devoir payer le déplacement d'un technicien. Mon marido rappelle, s'énerve, demande à parler au supérieur, puis au supérieur du supérieur, jusqu'à ce que le patron de Siemens débarque à la maison avec un nouvel équipement de cuisine complet et des fraises tagada pour la petite fille qu'ils ont eu au téléphone au début.

Apparemment, mon "côté jeune" est dû à ma fraîcheur. 

Je suis très fraîche comme meuf.

Mon blog aussi, apparemment, est très frais (superficiel et gnan gnan).

Quelqu'un de frais, c'est une personne ( ou un légume) qui vient à peine de naître, et qui, de ce fait, en est encore à sa période de pleine naïveté et ne connaît rien à la vie.

JE SUIS UNE COURGETTE QUI NE CONNAIT RIEN DE LA VIE. Déjà qu'il y a quelques jours, on m'a traité de champignon hors saison, je peux vous dire que je ne suis pas un légume qu'on s'arrache au marché.

Quand on me dit que je ne fais pas du tout mon âge, je sens bien qu'on m'adresse un message. Cela ne signifie aucunement que je suis sublime, que ma peau est d'un lisse à faire blêmir Gisèle Bundchen ou que mon teint est divin à toute heure. Cela signifie que je suis restée à un âge que tous les gens de mon âge ont dépassé depuis longtemps parce qu'ils ont grandi.

Le summum de la vacuité est atteint dans le cumul FAIRE JEUNE + TRAVAILLER EN FREE LANCE 

Travailler en free lance pour le commun des mortels, c'est ne pas travailler.

Donc, ce matin, la même personne qui trouvait que j'avais l'air d'avoir le même âge que mes nièces, a ensuite poussé l'interrogatoire. 

Et sinon, tu travailles pas hein toi?

Travailler en free lance + avoir le teint d'une princesse tout juste réveillée par la rosée du matin, cela donne : tu ne travailles pas.

Excuse-moi, je ris avec mes nièces parce que je suis une super tante, je travaille en free lance parce que c'est mon mode de fonctionnement, et sinon toi, t'as pas eu le temps d'enlever ta chemise de nuit avant de venir?

Enfin, je dois dire que je sais aussi tirer parti de ma fraîcheur. Quand mon marido fait des bêtises de grande personne (genre il s'engueule avec tous les responsables du seul parking où il reste une place), j'arrive avec mon air candide et gentillet, je dis que je suis désolée blabla et hop on obtient la place. 

Sinon, je suis obligée de surjouer pour faire mon âge, ce qui est très très difficile pour moi, vous pouvez l'imaginer. 

 

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Vous l'avez sans doute aisément déduit du fait de mes allusions ou du fait de mes billets fréquemment publiés à une heure où je devrais avoir autre chose à foutre, mais mon statut professionnel me permet quelques déviances par rapport à la norme.

Je suis free lance, autrement dit, je travaille "EN LANCEMENT LIBRE", autrement dit, je fais n'importe quoi n'importe quand et à n'importe quel rythme. 

Lorsque j'ai commencé à travailler, j'ai rapidement compris que "la vie en entreprise" c'était pas mon truc. Pas parce que je ne voulais pas, loin de là. Sachez au contraire que les réunions incessantes, les papotages avec la responsable des fournitures, les petites émotions hiérarchiques, les horaires connus d'avance, tout cela, moi aussi ça m'a fait rêver. 

Mais le CDI, Contrat D'emprisonnement Illimité, non je ne pouvais pas. 

Pourquoi? Parce qu'un imposteur de mon envergure ne peut pas tenir longtemps dans pareilles conditions.

Pourquoi? Parce qu'il risque d'être démasqué à chaque instant bien sûr (ça m'énerve de devoir toujours tout vous expliquer, mais bon on a le public qu'on peut).

Au début, c'est in the pocket, on passe n'importe quel entretien sous les applaudissements du recruteur (ou presque). On se la joue passionnée (minauderies et roulements d'yeux à l'appui), on recrache avec conviction tout ce que notre marido trop fort nous a fait apprendre le matin, et hop, le casting peut s'arrêter.

On est embauchée, c'est sûr, on est la femme de la situation.

Démarre la phase active de mise en danger. L'imposteur doit savoir jouer TOUS LES ROLES mieux que personne, sinon on le jette à la poubelle, ce qui est inenvisageable. C'est parti pour interpréter la nana sympa qui se la ramène pas malgré ses interventions brillantes, la nana qui connaît parfaitement son métier (n'importe quel métier), la nana qui assure en toutes circonstances, du cadeau du pot de départ de Josiane à la réunion avec le big boss, la nana qui arrive à l'heure et ne compte pas ses heures, etc. 

Au prix d'un training acharné (marido, je dis quoi si machin me demande ci? Je fais quoi si truc veut pas que j'aille là?), de basses manoeuvres politiciennes et de réguliers copiers-collés sur internet, le PETIT MANEGE fonctionne à pleins tubes.

Le paradis en entreprise, jusqu'au jour où... 

La belette, vous pouvez venir dans mon bureau, je voudrais vous parler.

Maman j'ai peur maman il va me manger putain j'aurais dû dire oui quand Corinne m'a proposé du sucre dans le café, putain j'aurais dû dire que je savais pas quand je savais pas putain j'avais dit à mon marido que c'était nul ce poste. 

La belette, toute l'équipe se joint à moi pour dire que vous faites de l'excellent travail, vraiment. Vous avez du talent, la belette, et on sent en vous - j'ai toujours eu beaucoup de flair - un vrai tempérament de leader. Voilà, si vous acceptez - ce qu'on voudrait vraiment- nous aimerions que vous deveniez DIRECTRICE GENERALE DU DEPARTEMENT MONDE DE NOTRE MULTINATIONALE.

Putain putain putain, faut que j'appelle la renarde, mon marido, tout le monde, chuis au bout du rouleau.

Putain chuis dégoutée, ils me proposent un job de ouf.

Tout le monde: mais c'est génial!!!!!!!!!!!!!!

Moi: pfffffffffff, chais pas si c'est bien en fait.

Le collectif affectif: mais t'es folle, tout le monde rêve de ce poste, pourquoi t'hésites?

Moi: non, mais je sais pas, vous voyez, je sais pas si réellement je suis en phase avec leur coeur de métier, si c'est vraiment ce que j'ai envie de faire, le boss est méchant, la secrétaire est moche, ils veulent pas qu'on commande du vrai tip-ex, vous voyez, vous comprenez pourquoi je ne peux pas accepter, dites-moi que j'ai raison de ne pas accepter, allez dites-le!

Bon, à vous, là, on est entre nous, je peux vous le dire.

Plus l'imposteur grimpe dans la hiérarchie, plus il risque de tomber de très très haut et ce, très très vite. 

Parce que votre imposture, la belette, elle ne trompe plus personne. Dès que ça commence à voler un peu haut, c'est fini l'employée modèle. 

Dans le rôle de la nana brillante, vous arrivez à faire semblant tant qu'on ne vous demande pas autre chose que de commander des gommes.

hhhhhhhhaaaaaaaaa

Bon, voilà, l'imposteur ne travaille pas en CDI parce qu'il ne PEUT PAS tenir sur la durée, sauf à très petit niveau (les gommes).

C'est dit.

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Bon, je dois vous révéler un scoop : l'une de mes impostures a mal tourné. 

J'ai écrit il y a quelques semaines le billet So canal Saint Martin pour délivrer mon opinion après un déjeuner au Verre Volé.

J'ai voulu me la jouer "critique gastronomique" et je me suis pris ça dans ma boîte mail, de la part du gérant du restaurant himself :

"Il est toujours curieux de trouver des "critiques gastronomiques" qui poussent comme des champignons......................... hors saison!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!"

Ce commentaire a généré chez moi un curieux mix d'états émotionnels. 

L'angoisse (ok, ça c'est une base chez moi) : quelqu'un que je ne connais pas met son vrai nom et son vrai prénom, et il a un rapport avec le sujet de l'article, j'ai peur, il va me manger. 

La fierté : ça y est, mon blog a acquis une renommée telle que même un primé Fooding prend la peine de m'adresser un message (un sentiment vite dissipé à la lecture du propos).

Ce qui marque d'abord dans ce commentaire, c'est l'abondance de signes de ponctuation. Les guillemets, les 30 points de suspension et la quinzaine de points d'exclamation. On sent que le monsieur s'est lui aussi fortement impliqué d'un point de vue émotionnel dans cet échange. 

On me qualifie de "critique gastronomique". Je croyais être François Simon ou Emmanuel Rubin, mais non, j'ai été démasquée, je ne suis qu'une "critique gastronomique".

Mais attendez, ce n'est pas tout, car en plus, je suis un champignon. 

Je ne m'étais jamais envisagée sous cet angle, même si, à la réflexion, je trouve qu'en effet on a tous quelque chose en nous de champignon (non?).

Jusque là, le commentaire est mignon tout plein, il me fait presque penser au petit potager que nous a composé Christian Constant dans Top Chef hier soir (si vous n'avez pas vu, je me demande à quoi je sers).

Sauf que, je suis un champignon qui pousse alors qu'il ne devrait pas pousser. UN BOLET EN AVRIL. Une pleurotte au printemps (je le savais, mais j'ai quand même vérifié dans l'Atlas des Champignons, ma bible). 

ALERTE: on veut m'empêcher d'être un champignon, aidez-moi!

Le monsieur il devrait se réjouir que désormais il y ait des truffes qui poussent en toute saison. 

Mais enfin, trêve forestière, je suis embêtée que des pontes de la profession aient des doutes sur ma légitimité à exprimer mes PETITS RESSENTIS DE RIEN DU TOUT sur ce que je mange/ce que je vois/ce qu'on me dit.

Je pensais que ma vie essentiellement passée à manger (puis à parler de ce que je venais de manger) faisait de moi un champignon pleine saison digne de l'estime de ses pairs.

Un choix crucial se pose désormais: 

- je dis que des trucs positifs (Le Verre Volé, outre la somptuosité de son décor, nous plonge dans un océan de félicité qui fait de chaque bouchée un moment d'extase)

- je continue à dire ce que je pense même si c'est pas très favorable (ce n'est pas nul, mais ce n'est pas tout à fait très bien)

Avant de retourner dans ma forêt, je voudrais dire aux personnes qui pourraient être heurtées par mes PETITS RESSENTIS que la meilleure des attitudes est d'essayer de me faire changer d'avis...

PS: par souci d'équité, et pour redorer mon blason de champignon, voici le message qui m'a été envoyé suite à ce billet par un dénommé Richard dont la pertinence fait sans conteste un Sage (je vous assure que ce n'est pas une imposture, je n'en suis pas encore à m'auto-commenter, même si je suis parfois obligée de m'auto-liker, n'est-ce pas Carole?).

"Ma chère belette,

Ton billet précédent m'avait donné envie de goûter les entrées du Verre Volé en sirotant un vin bio.
La réponse du restaurateur me donne juste
envie de passer mon chemin. C'est "So basse classe !"
Visiblement, le restaurateur n'écoute et ne répond qu'aux vrais "critiques gastronomiques", ceux qui se la pètent en toutes saisons.
Personnellement, je préfère de loin les avis éclairés et impertinents des amateurs avertis dont tu fais partie: hors saison, hors piste, et hors des sentiers battus!"


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Ce matin, j'ai reçu un courrier m'incitant à rencontrer au plus vite la directrice de l'école de ma fille afin de l'inscrire en 1ère année de maternelle.

Attendez, on a dû mal se comprendre : je viens d'être CONVOQUEE PAR LA DIRECTRICE. 

Je croyais qu'inscrire son bébé à l'école, c'était juste une formalité administrative pour dire coucou à la mairie.

C'est quoi ce délire? Chouquette (NDLR: surnom servant uniquement pour le blog, parce que dans la vraie vie, son ptit nom est beaucoup moins, enfin beaucoup plus... Enfin, c'est pas celui-là, quoi) va vraiment devoir aller à l'école? 

Je ne peux pas croire qu'elle va devoir se coltiner :

- les ptites rapporteuses (madame, chouquette elle veut pas faire son exercice, madame, chouquette elle arrête pas d'me traiter, madame, chouquette elle arrête pas de me copier mais ARRETEU CHOUQUETTEU!!!)

- le on a l'air con c'est bon on sait marcher tout droit mais on-se-tient-la-main-deux-par-deux-on-se-met-à-la-queue-leu-leu chouquette t'entends ce que je te dis?

- l'ANGOISSE DU PREAU avec les enfants qui font peur et la directrice qui va me manger

- les travaux manuels que tout le monde fait des trucs de ouf et que moi je fais des trucs tellement monstrueux que même ma mère a encore honte du panier en osier tordu que je lui avais ramené après 5 tentatives encore plus ratées (quand on est petit, son côté avant-gardiste, normalement on le garde pour soi, mais moi je pouvais pas m'en empêcher)

- les échanges dans la cour où on rentre toute fière d'avoir récupéré un calot contre la collec de bagues de maman (si si j'te jure c'est des vrais diamants, allez donne-moi ton calot, il est trop beau)

- les "dans ma maison sous teerreu/Maya, Maya l'abeille, Winnie, Winnie l'ourson/ 1h, le facteur n'est pas passé, 2 heures, le facteur n'est pas passé... (putain mais qu'est-ce qu'il fout depuis le temps?)"

- le goûter de la copine qui a l'air trop bon à côté de vot pov compote (ouaouh t'as des galettes épeautre-sarrasin, la chance!: le billet est actualisé pour ma fille, traduire par BN pour revenir à notre enfance industrielle, aujourd'hui, Finger et Mikado sont des gros mots: maman il m'a traitée de Mikado au chocolat blanc, maman il arrête pas de me dire que je suis un Finger)

- les moi, mon père il travaille avec Angelina et Barbe Pite, et même que l'aute jour, il a parlé au téléphone avec le docteur Delajoux. Eh ben, moi, ma mère, c'est la belette. Quoi!!!! C'est pas vrai, tu mens, t'es une menteuse, c'est même pas vrai. Maîtresse, c'est vrai que la belette c'est la maman de chouquette? Oui, c'est vrai, arrêtez, calmez-vous les enfants. 

- les si je souris sur la photo de classe c'est parce que j'avais le flingue de ma maîtresse sur ma tempe, ne vous méprenez pas, ça me saoule grave d'être là au lieu de mater Dora et sa coupe de cheveux fashion

- les tout le monde se fout de ta gueule quand tu sors TA TROUSSE (Les enfants, ne vous moquez pas de chouquette, certains dinosaures écrivent toujours avec un stylo. Gontran, sois gentil de prêter ton iPad à chouquette)

- les maman, la maîtresse elle dit que t'es tout le temps en retard parce que t'en as rien à foutre de ma gueule, maman, la maîtresse elle veut que tu copies 100 fois j'arrêterai de croire que j'ai pas d'enfant et je déposerai ma fille à l'heure à la maternelle au moins une fois dans ma vie de merde, maman la maîtresse elle dit que t'as fait plein de fautes d'orthographe dans le faux mot d'excuses que tu m'as donné, maman la maîtresse elle sait mieux que toi

Ma fille va aller à l'école, donc elle va vivre tout ça, donc je vais aller voir la DIRECTRICE DE MA FILLE, donc

JE SUIS HYPER VIEILLE.

Putain je savais que j'aurais dû lire toute la notice avant de faire un bébé. 


 

 

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