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Le monde dans tous les sens.

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Nous sommes le 22 juillet, et les agriculteurs ne déplorent plus l'accablante sécheresse.

Avec l'arrivée de l'été, ma fille sait désormais dire "il pleut à torrent" et "j'ai vraiment très froid". 

Donc, il fait environ 4°C au soleil, le vent nous pousse allègrement au kilomètre suivant, la pluie cesse parfois un petit quart d'heure, tout irait pour le mieux dans ce monde où il n'y a plus de saison sauf que... Chouquette ne veut pas sortir autrement qu'en débardeur et jupette. 

Chouquette a pris une décision et ne compte PLUS JAMAIS METTRE DE PANTALON NI DE MANCHES LONGUES. 

Ceci couplé au fait qu'elle veut tout faire comme tout le monde en ce moment, à savoir mettre un tee shirt marron comme papa, ou une jupe longue comme maman, inutile de vous dire que c'est plutôt ambiance pugilat dès qu'on aborde la question des vêtements (non, je veux pas s'habiller) (oui elle n'a pas un master en verbes pronominaux).

A la maison, tant pis, on cède, elle circule en tee shirt marron et jupette, sans chaussette ni chaussons (ce qui permet à ma mère de me rappeler à l'envi qu' "ELLE EST GLACEE, JE TE DIS QU'ELLE VA ATTRAPER FROID".) 

Le matin, j'use de toutes les stratégies possibles.

- Viens voir poussin, oh lalalala, comme il fait froid dehors, brrrrrrrrrr je ferme vite la fenêtre!

- T'as froid maman? Moi j'ai pas froid. J'ai très chaud. 

- Poussin, regarde le monsieur dans la rue, il a mis un gros manteau, t'as vu, tout le monde a des manches longues aujourd'hui! 

- Mais la petite fille avec sa maman elle a pas de manteau.

- Bon écoute poussin, tu mets un pantalon (je change de sujet, des fois qu'elle oublierait le débat sur le manteau), tu peux pas sortir en culotte.

- Alors un pantalon court.

- Non un long, sinon tu vas tomber malade et aller chez le docteur.

- Un court, un court, un court, pas un long ooooouuuuuuuiiiiiiiinnnnnnnnnnnnn.

- Bon, pour le haut, tu choisis dans cette pile, ou celle-là, oh lalalala, il y a beaucoup de jolis hauts!!!!

- Celui-là, comme papa. 

- Je t'ai pas montré cette pile. C'est là ou là.

- Alors je veux rien du tout.

- (je mets DE FORCE EN 1H15 un pantalon qu'elle me force à retrousser, un tee shirt à manches longues qu'elle me force à retirer, elle sort sans manteau alors qu'on se les pèle grave : si c'est pas de l'autorité). 

Faut dire que dans le genre, je suis ce qu'on appelle exemplaire. 

Un vrai baromètre. 

Vous avez un doute sur le temps de la journée?

Je suis en tongs tee shirt sous la pluie, et en doudoune au soleil. C'est bien non? Enfin, ça c'était avant. Parce que je pallie dorénavant mes lacunes climatiques à l'aide d'une savante technique : je me MULTI-STRATIFIE.

Je mets un débardeur, un tee shirt, un haut à manches longues, un gilet et une doudoune. Comme ça, je peux ôter ou ajouter des couches en permanence et arborer un sac de 15 kilos (je multi-stratifie ma fille aussi, enfin en théorie, parce que tout reste dans le sac en ce qui la concerne, vous l'aurez compris).

Cela pourrait apparaître comme la solution rêvée, si ce n'est qu'il y a quelques inconvénients :

- je fais ma maligne genre j'ai tout compris à la météo vous les bouffons en marcel, moi chuis en doudoune. Mais 5 secondes plus tard, le soleil fait une apparition genre c'est l'été je me sens obligé de faire acte de présence, alors autant y aller à fond. Ma doudoune ne rentre pas dans mon sac, je la garde et j'ai l'air con.

- je ne peux pas mettre de bottes-chaussettes en plein été, alors je mets des tongs tout le temps. Histoire d'attirer des regards envieux devant ma silhouette glamour en doudoune à tongs. 

Quand je pense qu'il y en a qui ont prévu un week end en amoureux avec virées bucoliques et qu'ils vont se retrouver à patauger dans la boue... (ah bon, c'est demain qu'on doit partir?)

 

 

 

 

 

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Suite au billet intitulé A Paris que j'ai écrit il y a 2 semaines, le blogger Les Amis de la Belette a rédigé une réplique. Les Amis de la Belette vit "à la lisère de la Brie" et il aime ça (non, je n'ai rien à ajouter).

En banlieue

Par les Amis de la Belette

J’aimerais vous décrire un lieu que les sociologues, les politiques et les journalistes articulent avec difficulté, comme s’ils mâchouillaient un oursin en le disant : la banlieue.

J’ai ce privilège immense d’avoir vécu les ¾ de ma vie en banlieue Ouest et le ¼ restant en banlieue Est. Dommage, avec Paris au milieu, j’aurais pu mieux viser mais il me semble que cette Ville exerce une force centrifuge sur moi, en me repoussant un coup à sa droite, un coup à sa gauche, alors que j’y suis né… Aucun projet précis à date pour le nord et le sud.

Dans ma banlieue, on peut croiser les gens qu’on connaît, d’ailleurs, on n’arrête pas de les croiser, pas le choix, y compris ceux que l’on ne veut pas voir. À bien y réfléchir, on voit beaucoup plus ceux qu’on ne veut pas voir, ils nous suivent ou quoi ?

Ici-bas, les gens ont tellement peu de loisirs qu’ils passent leur temps à mesurer la taille réglementaire de la haie de leur voisin en priant pour qu’elle dépasse : ça fera un truc à dire au dîner à leur conjoint(e) et un courrier à écrire. Too much fun !

Imaginez que la moindre boulangerie décente n’est accessible qu’en voiture ou en vélo, et qu’elle est prise d’assaut par la bonne société locale le dimanche matin qui vient chercher son framboisier commandé la veille.

On y croise les Bobos de Banlieue, les…Ban Ban ? Faciles à reconnaître, ils arborent en toutes circonstances un costume de parisien, ou ce qu’ils croient l’être.

Ils font mine d’aller au golf en exhibant leur 4x4 maculé de fausse terre achetée chez Jardiland, un badge « Non à l’atome » sur le revers de la veste pendant que le moteur de leur bagnole tourne toujours devant la boulangerie pour maintenir la clim à bonne température. « Ah ! Fameux, ce framboisier, quel arôme ! Tu peux démarrer Jean-Pierre. Ah zut, j’ai oublié les macarons, laisse le moteur tourner, j’arrive. »

Le Ban Ban vous dira aussi qu’il a oublié d’être Con Con : sa maison en banlieue coûte deux fois moins cher qu’à Paris pour une surface deux fois supérieure. Malin, non ?

Chez nous, la venue de Richard Cocciante, de Doc Gynéco ou d’Annie Cordy est perçue comme un événement d’une importance capitale qui est relayé dans le Journal Municipal, photo à l’appui du Maire souriant à côté des artistes prestigieux qui ont franchi les limites du périphérique pour se produire dans notre salle polyvalente.

Me croirez-vous ? Je n’ai pas envie de déménager. J’aime trop Richard Cocciante.

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Alors que nombre d'entre vous s'étalaient honteusement sur des transats pendant ce week end prolongé, j'ai préféré profiter de Paris, de ses métros bondés (les touristes n'ont pas fait le pont), de son froid automnal et de ses imprévus pluvieux (désolée pour ces lignes en caractères gras, c'est la faute à pas moi, impossible de modifier).

Parmi mes activités, deux cinés.

- X Men le Commencement : depuis quelques semaines, mon marido ne cesse de se venger du soir où je lui ai fait la surprise de l'emmener voir "Une séparation". J'ai donc dû passer sous silence mes velléités d'expo et j'ai fait ma super-héroïne en acceptant d'aller voir le dernier blockbuster à effets spéciaux. Eh bien, je dois avouer que je me suis sentie particulièrement à l'aise dans ce monde de mutants, j'ai même pas tiqué quand la nana s'est transformée en diamant ou quand le mec a soulevé un sous-marin par la force de sa pensée. Perso, j'ai un faible pour professeur X qui lit les pensées des autres et leur transmet également par télépathie CE QU'ILS DOIVENT PENSER (j'aimerais avoir ce don, les gens ont une désastreuse tendance à ne pas penser comme je le voudrais). Apparemment, ce 4è opus de la série est le plus réussi, le plus subtil, le plus intelligent, le moins "j'ai plus de pouvoir que toi nananère", autant de raisons qui expliquent sans doute le fait que j'aie aimé (je n'aime que ce qui est subtil et intelligent).

- Le Mariage de Maria Braun, un film de Fassbinder datant de 1979. Là, c'était sur proposition et avec ma copine qui lit "Leçons sur la volonté de savoir", et la salle ne se trouvait plus à l'UGC des Halles mais à l'Espace Saint Michel (art et essais). Inutile de vous dire que je n'étais plus trop en mode le mec y meurt pas même quand on lui envoie 5 bombes dans la gueule ou tiens il fait tourner un avion avec son annulaire. Très très bon film, je vous épargne notre critique pointue et avisée (enfin, surtout celle de la renarde qui est hyper cinéphile, je me suis contentée de dire ouais grave, ouais, c'est clair, ah ouais putain). 

 

Le hasard a voulu que Pup soit également parisienne ce week end, ce qui nous a obligées à nous coltiner un énième brunch.

Le concept était tentant : des avis d'internautes élogieux, un buffet à 19,50 euros en pleine rue de la Roquette, un trip ludique ambiance on peut dessiner sur les tables (le resto s'appelle "l'artiste"). 

Tout ça, c'était pour le concept. 

Sur place, nous découvrons un café fort peuplé pour un dimanche de pont (mais qu'ont tous les Parisiens à vouloir bruncher pour un oui ou pour un non?). On nous montre la table qui nous est destinée, à savoir la plus impraticable de la salle (impossible de se déplacer sans faire bouger 3 personnes, ce qui compte tenu de notre habituelle trentaine de passages au buffet aurait impliqué une centaine d'emmerdements inutiles). Bref, nous négocions un emplacement plus favorable, face au buffet. Une pimpante serveuse nous dit "C'est bon je donne le go pour l'assiette chaude?", "Euh... Là maintenant, (on est terrorisées), c'est-à-dire que... On peut l'avoir plus tard, on voudrait prendre le petit-déjeuner d'abord (si tu permets, on est venues bruncher, pas luncher, t'as compris?). "C'est impossible, on fait d'abord partir les assiettes salées avant d'ouvrir le buffet (comme ça le cuistot est débarrassé, ouais, c'est elle qui nous a esspliqué). Nous évoquons notre déception, elle demande si son sourire peut nous rendre la déception moins amère (on s'en tape du sourire, on n' a rien bouffé depuis 20 heures, alors son tarama même souriant elle peut se le garder). 

Un jus d'orange pressé arrive. Difficile de savoir s'il est bon, car il est noyé dans 50 glaçons. 

L'assiette chaude déboule dans la foulée et donne le ton : pain de mie toasté avec miette de tarama, oeufs brouillés de couleur suspecte, saumon fumé jeté sur le tout, et cuisse de poulet pour les amateurs. Ah, et une feuille de salade, aussi, avec un semblant de tomate. 

Affamées et dans l'impossibilité d'accéder au buffet, nous avalons le saumon au bord de la dépression (nous, pas le saumon, encore que). 

Enfin, nous découvrons le buffet, très pratique car 2 personnes ne peuvent se servir en même temps. Têtues, nous commençons par le sucré (le fameux petit déjeuner qu'on n'a pas pris, on le prend, même après du saumon fumé, c'est tout).

Nous sommes très heureuses de nous jeter dans la partie petit déjeuner, à savoir : 2 cakes industriels et une crêpe froide à tartiner de Nutella pour oublier...

Côté salé, un taboulé, des tomates-mozza, du fromage, des trucs qui ressemblaient à de la charcuterie, des tartes salées (une dans laquelle j'ai cru détecter du thon, l'autre aux lentilles pour le côté "léger" et une quiche lorraine). Euh, des trucs que globalement personne n'oserait servir chez soi, alors dans un resto...

Côté desserts, des verrines (j'ai testé une crème nappée d'un coulis au fruit de la passion mais ne suis pas allée au-delà de la 2è cuillère, un brownie sur-cuit pas bon, des tartelettes aux fraises (j'ai pas goûté, on voyait trop clairement qu'ils avaient juste posé de la crème pâtissière toute faite sur de la pâte industrielle déjà cuite). J'avais lu que le fondant au chocolat et la crème brûlée étaient à tomber, mais dommage yen avait plus (ils ont préféré réassortir les trucs dégueu). Seul bon point : de beaux morceaux d'ananas, pastèque et melon (mais bon on n'est pas venues pour ça non plus).

Les boissons chaudes étaient à volonté dans des thermos : thé Lipton en sachet (en même temps on se serait demandées ce qu'un thé Mariage Frères serait venu faire dans cette galère), chocolat chaud et café sans intérêt. 

Le bilan : vous l'aurez compris, malgré un service fort sympathique, 19,50 euros c'est toujours trop quand rien n'est bon. En ce qui concerne le décor, disons que ce n'est pas un élément qui mérite non plus le déplacement.

 

Brunch buffet de l'Artiste, 19,50 euros, de 12 à 16H. 

153 rue de la Roquette, Paris 11è

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Vendredi, je suis allée à une expo, ceci afin d'alimenter l'idée que je suis cultivée. 

J'ai rejoint ma copine Pup (oui, celle des brunchs, et oui, on fait ponctuellement autre chose que des commentaires sur des croissants) vers 14h pour aller VOIR L'EXPOSITION CAILLEBOTTE AU MUSEE JACQUEMART-ANDRE A PIED (on est très sportives, surtout quand on reste dans notre quartier). 

Bien que Pup rechigne habituellement à verser dans ce genre d'attitude incivile, c'est elle qui a suggéré de m'utiliser pour éviter la queue de 2h (j'ai, actuellement, un passe-droit). Je note d'ailleurs que la même Pup qui a une souris à résidence chez elle depuis quelques semaines, n'hésite pas à utiliser force tapettes en vue de dégager l'intruse, attitude on ne peut plus incivile (cela dit je ne serais pas contre l'idée de faire usage de tapettes pour mettre un terme à certaines personnes). 

Le musée Jacquemart-André est un hôtel particulier de ouf sis en plein bd Haussmann. Vu avec nos yeux contemporains, c'est juste un musée, donc ça n'en jette pas plus que ça. Mais quand on pense que des gens habitaient là, s'engueulaient là, et s'affalaient là, on se dit qu'ils devaient grave marcher pour aller recharger leur portable.

A l'entrée du musée, j'ai eu droit à un petit topo de Pup sur les frères Caillebotte (elle a fait étudier un tableau par ses élèves de collège, du coup j'étais au niveau). 

En gros :

(pour vous situer : 2è partie du 19è, mais oui, vous le saviez) Un entrepreneur très friqué et super sympa laisse ses deux fils Martial et Gustave kiffer leur life et ne les oblige pas à devenir avocat ou pharmacien mon fils. Gustave se met à peindre, Martial à composer de la musique avant de se lancer dans la photo. Les deux frères s'adorent, s'admirent et partagent des passions de ouf : philatélie, horticulture, yachting. Quand Gustave conçoit un bateau, son frère remporte une régate en naviguant avec. Quand il plante une bouture dans sa serre, son frère le photographie avec amuuur. Ils réussissent tout hyper bien (comme quoi, c'est mieux d'avoir du fric et de ne pas emmerder ses enfants).

Ah, j'oubliais, les Caillebotte aiment aussi évoquer leur quotidien (leur mère brode, la fille de Gustave lèche une cuillère de confiture, son fils fait un château de sable, c'est l'amur et le bonheur), ainsi que les nouveaux symboles de la modernité (construction de ponts, naissance du chemin de fer : une partie de l'expo à voir uniquement pour rentabiliser son ticket). Il faut également savoir qu'en plus d'être super fort, Gustave était hyper altruiste et généreux, du coup il a grave aidé ses amis artistes dans la merde financièrement (qui l'ont remercié en lui filant des toiles, ce qui lui a juste valu de se retrouver à la fin de sa vie avec une quarantaine d'oeuvres de Degas, Monet, Renoir ou Picasso, mais... elles n'avaient pas de valeur à l'époque, contrairement à aujourd'hui où la vente d'un seul Picasso a permis à Anne Sinclair de payer LA caution). 

Bref, après avoir réglé une dizaine d'euros et beaucoup patienté, Pup et moi avons pu nous engouffrer dans des micro-pièces avec un maxi-nombre de gens. 

D'emblée, nous cernons l'une des principales problématiques de l'expo, à savoir :

EST-CE QU'ILS REPEIGNENT LES MURS PRESENTANT LES TEXTES APRES CHAQUE EXPO?

Pup vérifie, non, les textes sont en adhésifs, nous sommes soulagées et pouvons continuer à piétiner. 

Nous commentons allègrement, à la manière de critiques d'art pointus. 

C'EST BEAU. JE LE VEUX BIEN CHEZ MOI. SYMPA SON TRIPTYQUE. IL ME FAIT PENSER A UN TRUC, CHAIS PLUS QUOI. 

J'AIME PAS. JE TE LE LAISSE. IL EST NUL EN OMBRES. IL SAIT PAS DU TOUT PEINDRE LES VISAGES. IL EST COMPLETEMENT RATE CELUI-LA. 

Pup remarque que les textes sont très accessibles, contrairement aux autres expo parisiennes où il est d'usage de cumuler les phrases qui donnent au lecteur le sentiment d'être débile.

Nous engageons avec véhémence une discussion sur un tableau (eh oui, dès qu'il s'agit d'art, on devient folles). Une meuf regarde par la fenêtre pendant que son mari semble très concentré sur son journal. Dans l'immeuble d'en face, un homme est également à sa fenêtre. Qui est cet homme? Notre meuf le regarde-t-elle? Tout le monde s'oriente vers la thèse du c'est son amant, son mari il en a rien à foutre de sa gueule vu qu'il préfère lire son journal. Je réfute cette théorie, beaucoup trop évidente. La meuf veut juste fermer la fenêtre, et le mec en face ferme aussi sa fenêtre. 

Au final? Expo intéressante, même si on aurait bien aimé que les photos soient à côté des tableaux histoire de montrer les liens entre les deux.

Caillebotte n'est pas le plus doué des portraitistes : on a trouvé sa peinture de Mme Renoir pas terrible, mais quand on a vu la photo de cette chère épouse, on a un peu mitigé notre opinion. Quant à son "autoportrait au chevalet"...

De très belles toiles en revanche, particulièrement "Les peintres en bâtiment", le tryptique baigneurs-pêche à la ligne-périssoires, ou encore les mecs qui sont sur un balcon (je sais plus le titre). 

Bref, l'expo est à conseiller, mais elle est finie. 

L'autre avantage des expo, c'est qu'en sortant on peut s'octroyer un chocolat chaud et quelques mignardises. Quoi, piétiner c'est pas du sport?

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Carole Perle est un coach personnel comme on en rêve : attentive, précise, sincère, motivante, à l'écoute, profonde... (non, ce n'est pas mon coach, mais je sens qu'elle excelle en la matière et je ne dis pas ça parce qu'elle fait partie des Sages de mon blog). Carole tient en outre un blog aux billets très inspirés, je vous conseille d'y jeter un oeil (même si le retour ici par la suite risque d'être un peu abrupt).

Quand as-tu eu le plus le sentiment d'être un imposteur?
Quand j’ai commencé à enseigner le coaching, je n’étais pas encore coach. J’ai appris à toute vitesse, en quelques semaines, des notions qu’on met des années à intégrer. Seulement après j’ai fait 2 ans de la plus sérieuse formation pour être certifiée coach. 

Si tu devais prendre la place d'une personne connue, ce serait qui et pourquoi? 
Ma chatte Dinah. Sereine comme la déesse Ptah au milieu des pires débâcles (les déménagements fréquents de cette famille de malades).
Je dis souvent que je veux être réincarnée en Dinah.

Quelle est l'imposture passée ou présente dont tu es le moins fière?
Je me suis fait passer pour une gourde qui ne comprend rien pendant pratiquement 40 ans. Quand mon père est mort, j’ai réalisé que ce n’était plus aussi utile que lorsque j’avais 8 ou 9 ans (à cette époque, c’était crucial !) et j’ai cessé. J’aurais pu m’en rendre compte avant.

Peux-tu nous citer des imposteurs de ton entourage?
Je connais un père de 4 grands enfants qui dépense 2 ou 3 fois par ans devant un public choisi, une énergie remarquable à être une vivante incarnation du père idéal. La somme de cette énergie (astuce, inventivité, et talent d’imposteur et de comédien) suffirait largement, utilisée à « élever réellement » ses enfants et répartie sur une année, à faire de lui un père plus qu’acceptable. Mais il préfère de loin être une authentique ordure, expression de sa nature profonde.

Quel genre d'imposture t'énerve le plus?
L’égo spirituel ! Les gens qui profitent des outils de connaissance, de spiritualité ou de psychologie pour manipuler, prendre du pouvoir ou se faire mousser (souvent les 3 !).

Qui est pour toi le plus grand maître de l'imposture? 
Le chat botté ! Mais c’était pour la bonne cause : son maître avait été déshérité (comme moi, tien !) ! 
Mais j’en ai connu un, que j’appelais « Smiling Alligator », enseignant les remarquables qualités que doit avoir un bon coach, sans en posséder une seule ! Très, très fort !

Est-ce que les imposteurs sont tous de pauvres bouffons (si t'as répondu la belette à la question précédente, merci de mettre "bien au contraire" à celle-ci)?                                                                                          
Non, ce peut être des gent qui, comme les héros des contes, chevauchent des formes d’emprunt. Le plus important est pour quoi ils le font, dans quelle intention. Ce peut être des bienfaiteurs ou de simples minables crapules.

Est-ce que tu considères que tu as des progrès à faire en matière d'imposture? 
Oui absolument, je devrais me prendre pour une fille super et trop forte beaucoup plus souvent ! Ou tout simplement pour moi, en fait !

Est-ce qu'il y a dans tes réponses à ce questionnaire une forme d'imposture?
Non, hélas, je suis affreusement 1er degré ! J’adore les impostures de la Belette en particulier, mais elles me ramènent à mes pauvres petites possibilités minables en matière d’imposture. Un crève cœur !

Bilan de la belette : Carole, même si elle se considère comme un amateur en matière d'imposture, a su exprimer son potentiel lorsqu'elle exerçait comme un coach aguerri alors qu'elle n'avait qu'une très maigre expérience. Je me reconnais pour ma part complètement dans sa description de l'"ego spirituel" : je profite allègrement de ma psychologie, de ma spiritualité et de mes connaissances étendues pour manipuler tout le monde. 

La marge de progression de l'interviewée dans le domaine de l'imposture est très faible, il semble qu'elle se soit lassée des faux semblants.

Petite requête à Carole: pouvons-nous avoir une photo de Smiling alligator?


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A Paris...

... Les rues sont désertes. Un homme, parfois, surgit au détour d'une allée. Il a très envie de flâner, mais vite, vite, il ne s'agit pas de manquer le RER de 8h23 pour Cergy Pontoise !

... Le calme assourdit par sa présence continue, parfois juste troublé par un vague son dans le lointain. Sans doute un oisillon qui réclame sa nourriture. Ou peut-être un tracteur égaré?

... La civilité règne en maîtresse. Courtoisie, politesse et bienveillance sont de mise à chaque échange. Comme il fait bon solliciter un serveur en plein coup de feu! Comme il est agréable d'accueillir une porte dans le visage par la grâce d'une femme d'affaires pressée! Comme les employés de la mairie sont ponctuels!

... La vie de quartier bat son plein. L'esprit village, toujours intact, continue à privilégier les "Jean Colliot, boucher de père en fils depuis 1610" et résiste aux "Zara, pompage de créateurs depuis 2005". Pas question de se laisser envahir par la consommation de masse!

... C'est un plaisir de faire ses achats, de se rendre à une exposition ou de chercher un nouveau passeport. Aucun Parisien ne fait jamais la queue, tout est si facile!

... Les sociétés de livraison sont très amusantes : elles nous préviennent qu'elles vont passer entre 7h et 21h, et finalement oublient d'annuler, hihihi!!!!!

... Les petits artisans et producteurs locaux sont mis à l'honneur. Des champignons fraîchement mis en boîte par Bonduelle, des fraises juste cueillies par les petits récoltants Carrefour Market ou encore des vêtements faits main par H&M, tout est si authentique!

... L'air est d'une pureté digne des volcans d'Auvergne. Partout, on peut gorger ses poumons d'oxygène rassérénant, gare de l'Est, boulevard Magenta ou dans le métro, un vrai bain de jouvence.

... Les propositions culturelles sont incroyablement nombreuses et accessibles : un concert à 150 euros/personne, une attente d'à peine 7 heures pour aller voir Picasso, ou des réservations complètes un an avant pour aller voir tel opéra, c'est le bonheur!

... La plupart des habitants sont piétons, ce qui est formidable, car ainsi on met moins de 2 heures en voiture pour faire 2 km à 19h, il est toujours très aisé de se garer dans une place garantissant un PV et aucun incident ne trouble jamais la tranquillité des rares usagers des transports en commun. 

... Tout le monde sourit en permanence : le chauffeur du bus parce que quelqu'un vient de lui barrer la route, le restaurateur qui vient de bénéficier d'une amende parce qu'il a mis une chaise 2 cm trop loin sur le trottoir, la fille qui reçoit la visite des policiers à OHOO suite à l'adorable appel d'un voisin qui considère que ce n'est pas une heure pour faire la fête un samedi soir... Que d'exemples de cette joie sans cesse manifestée par tous!

... le coût de la vie est excessivement peu élevé : moins de 10 euros si on préfère changer la garniture d'un plat (haricots verts au lieu de salade verte), 23 euros le kilo de cerises (et même pas la moitié de pourries!), 17 euros une heure de ménage, on aurait tort de se priver!

Voici les principales raisons qui m'ont poussée à habiter Paris.

Ceci aussi pour faire plaisir à tout MON LECTORAT NON-PARISIEN. 

J'avais prévu une autre conclusion, mais elle aurait été beaucoup trop représentative de mon esprit un tantinet... parisien (à vous de déduire).

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Dans la vie, chacun s'accroche à des détails essentiels à ses yeux.

La suite dans laquelle tu as logé était belle? Oui, mais le bouton de la chasse d'eau était moche.

T'as aimé ton voyage? Non, j'ai pas réussi à dire "merci" en swahili.

T'as choisi une nouvelle nounou? Non, j'arrive pas à en trouver une qui sait cuisiner les topinambours.

Parmi les indicateurs de qualité d'un restaurant, chacun va prêter attention à un élément en particulier qui n'aura pas de lien avec le repas proprement dit, mais qui jouera un rôle crucial dans l'appréciation globale.

- Pour mon amie xxx, ce sont les toilettes. Il faut que cet espace commun soit propre, chic, avec de vraies serviettes individuelles, et du savon Chanel. J'ai tenté de lui expliquer que l'on ne pouvait pas déjeuner tous les jours au George V, elle a systématiquement le pipi déçu. 

- Pour Pauline, critique gastronomique ayant le bon goût d'habiter à 50 mètres de chez moi, les critères volent très haut. A savoir : une carte contenant peu de propositions (elle considère suspect le fait d'avoir en cuisine tous les ingrédients de toutes les saisons en même temps) et, c'est là que ça ne rigole plus, la qualité des verres. Ouais, cela vous a sans doute échappé jusqu'ici, mais en gros selon la finesse du verre, sa forme, son ergonomie, les liquides sont plus ou moins mis en valeur.

- Pour moi -attention on redescend - le pain revêt une importance capitale. Un piètre repas peut être sauvé par un pain mémorable (même si je ne reviens jamais, faut pas pousser, je ne peux pas passer ma vie à ne manger que du pain), et un repas divin peut perdre beaucoup de points à cause d'un pain basse classe. Ce que je cherche à dire, c'est qu'un très bon repas ne saurait aller sans un très bon pain (voire des pains assortis aux plats, eh oui je souffre du syndrome xxx selon lequel tout est mieux quand tout est parfait). 

-La présence de "petits +" peut aussi jouer un rôle. Des radis en guise d'amuse-bouche dans un boui-boui, un mini-carambar amené avec l'addition, du sel bio et hop on s'emballe et on oublie que tout le repas était dégueu (et les toilettes crades, et le pain rassis, et les verres beaucoup trop épais, ou trop fins, je sais plus ce qui est bien).

- Certains vont accorder toute leur attention aux divers contenants et supports : le menu présenté sous forme de "passeport pour un voyage culinaire" (c'est ringard, mais c'est pas le débat), l'addition roulée dans une salière (tellement original qu'on redemande 5 fois l'addition qui est sous nos yeux) ou encore des frites à 20 euros présentées dans un cornet de fête foraine (frites bobo, cf la simplicité). 

Tout le monde est très content avec ce qu'il pense être "le détail révélateur".

- Le client qui se croit malin en relevant des à-côtés alors qu'il ne fait que se laisser leurrer par ces mêmes à-côtés

- Le patron parce qu'il donne à peu de frais l'impression au client qu'il est très malin alors qu'il ne fait que le leurrer avec des à-côtés

Tout cela vaut bien sûr uniquement pour les imposteurs. 

Car il existe aussi d'excellents restaurateurs qui proposent des repas de qualité, des toilettes propres, du bon pain, des verres dignes de ce nom (Pauline nous livrera son étude sur la question), des petits + sympas, et des contenants (euh, c'est vraiment important les contenants?) recherchés. 

Voilà, je voulais juste vous inviter à réfléchir sur tout ce qui peut faire sens dans un resto (j'ai pas parlé du service ou du décor, ce ne sont pas des "détails", même s'ils peuvent largement participer à l'imposture générale : on en reparlera). 

J'aime l'idée qu'après avoir lu mes billets vous soyez perpétuellement en proie à des réflexions profondes sur le monde qui vous entoure.

A demain pour de nouvelles émotions intellectuelles.  

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Mon frère a une théorie.

CE QUE TU PENSES D'AUTRUI, AUTRUI LE PENSE AUSSI DE TOI. 

Vous trouvez votre boulangère honnête et très douée en sucré (surtout pour les viennoises au chocolat, pas pour les flans), pense-t-elle que c'est également votre cas? On peut émettre un doute (elle se contrefout de votre existence en dehors du moment où vous lui tendez la monnaie).

Vous pensez que la connasse d'assistante de votre médecin a un master en antipathie? Je ne vois pas, personnellement, comment elle pourrait me trouver antipathique puisque je suis moi-même titulaire d'un doctorat de résistance aux personnalités systématiquement hautaines et désagréables. Malgré ses remarques blessantes et réponses laconiques, je persiste à sourire bêtement et formuler de nouvelles questions (Excusez-moi, je viens chercher quand mes analyses? Vos analyses (ton très dédaigneux)? Euh, oui, (quoi, j'ai dit un truc con?)? Quand je vous ai dit. Vous m'avez dit quand, excusez-moi, je n'entends pas très bien? Je viens de vous dire vous venez quand on est ouverts. Oui, mais euh, c'est-à-dire que... j'ai pas très bien compris quand vous étiez ouverts? Elle souffle, exaspérée. Le docteur sera là du 8 au 12 août. Ah, ok, mais je suis pas là à ces dates-là... Et qu'est-ce que vous voulez que je vous dise? Je peux venir avant en juillet?  Ecoutez (vous me saoulez grave), ça ira là? Euh oui (je sais toujours pas quand je peux venir, mais je garde ma bonne humeur). Je vous épargne la fin de la conversation (j'ai été très courageuse, merci beaucoup madame, au revoir).

Vous pensez que tous vos amis sont des merveilles d'intelligence, de bon sens, de bienveillance et de culture, un savant mélange d'humour, de gentillesse et d'altruisme? Estimez-vous possible qu'ils pensent cela de vous? (si vous répondez oui, vous êtes admirablement humble).

Depuis que mon frère m'a énoncé sa théorie (eh oui, que voulez-vous, on est comme ça dans ma famille, ON ENONCE DES THEORIES) :

- je réalise que certaines personnes ne doivent pas avoir une superbe opinion de moi (ce qui m'étonne, je croyais être universellement inattaquable)

- je n'ose plus penser pour neutraliser les mauvaises pensées des autres (mais étant un être de pure pensée, je n'y parviens pas)

- pire, je m'efforce de n'avoir QUE DES PENSEES POSITIVES SUR TOUT LE MONDE : pour certains, comme les Sages de mon blog, c'est très facile et cela ne me fatigue pas du tout, pour d'autres, il faut un sérieux entraînement (au début, de vieux réflexes nous bloquent, "quel con/ elle se prend pour qui/il est débile ou quoi/ elle s'est regardée? "), et puis, petit à petit, bouddha s'immisce en moi (comme elle parle bien, comme elle est gentille de m'adresser la parole, comme il a raison de réfléchir comme ça, comme tout le monde est intéressant!). Le fait est que je ne suis pas très sûre que mes motivations hyper intéressées soient dignes de Bouddha. 

Le corollaire (j'adore ce mot, première fois de ma vie que j'arrive à le placer, c'est trop bien d'avoir un blog) de l'affirmation fraternelle est multiple :

- autrui est un être pensant, ce qui n'était jusqu'alors pas toujours évident

- quand je trouve quelqu'un pas drôle, je dois désormais considérer qu'il est hypocrite lorsqu'il rit à mes lourdeurs (alors qu'avant, je pensais être un monument d'humour)

-quand autrui m'écoute parler, je dois dorénavant me demander si pour ma part je le trouve intéressant quand il parle (si je le trouve saoulant, eh bien lui aussi à présent vit un moment difficile). C'est facile de vérifier : j'arrête de parler, s'il ne s'en rend pas compte alors que j'étais au milieu d'une histoire (que je croyais) palpitante c'est qu'effectivement la théorie fraternelle fonctionne.

L'avantage de cette théorie, c'est qu'on n'a pas à chercher bien loin ce que les autres pensent de nous. 

Si parmi vous certains ont des pensées désobligeantes à mon égard, m'en fous.

Je pense pareil de vous...

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Hello amigos,

J'aimerais connaître votre opinion très sincère sur un sujet.

A quelques jours d'intervalle, avec deux nanas très différentes, j'ai prononcé la même phrase (n'allez pas penser que je tourne en boucle, il se trouve qu'on peut avoir le même style de conversation avec deux personnes, et donc il y a des chances pour qu'on ait le même avis d'un jour sur l'autre, c'est tout).

Cette phrase, je l'ai aussi notée dans mon billet de vendredi, c'est dire à quel point je suis capable d'avoir une opinion suivie sur plusieurs jours.

"TOUTES LES NANAS SONT CHIANTES, C'EST UN FAIT".

(je la marque encore pour faire plaisir à mon marido)

"TOUTES LES NANAS SONT CHIANTES, C'EST UN FAIT".

Les deux nanas avec lesquelles j'ai eu cette échange ont eu la même réaction spontanée, à savoir : c'est faux, toutes les nanas ne sont pas chiantes (chacune faisait allusion à elle-même comme référence de personne éminemment pas chiante). 

J'ai répliqué que j'assumais mes compétences en EMMERDEMENT D'AUTRUI, et j'ai ajouté qu'elles aussi "devaient sans doute être chiantes quelque part" (je savais qu'elles l'étaient, mais j'ai dit "sans doute", on ne peut pas tout se permettre dans la vie). 

Elles m'ont chacune expliqué en quoi elles n'étaient pas chiantes : elles sont à l'écoute, ne cherchent rien à imposer, tout est une question de respect, de compromis blablabliblablabla chapi chapo chapato. 

C'est beau cette vision de la vie, et de soi-même.

J'ai réalisé que mon affirmation était peut être sujette à débat, alors j'en ai parlé à droite à gauche. 

On m'a pas mal rétorqué qu'il y avait une différence entre "chiante" et "chieuse", que les mecs adoraient les "chieuses" mais pas les "chiantes".

Voici ce que sous-tend ce duel sémantique.

La fille CHIANTE : celle qui a UN FOND PENIBLE QUI SE MANIFESTE EN TOUTES CIRCONSTANCES (elle énerve en permanence, est toujours négative, lourde, ne cède jamais un ongle de terrain, etc.). En gros, c'est la fille à laquelle on répond "super" quand elle annonce qu'elle ne pourra pas venir quelque part. 

La CHIEUSE : elle est adorable, craquante, pique de MICRO-EMBALLEMENTS PONCTUELS TOUJOURS LEGITIMES, émet son opinion avec délicatesse (on va là où je veux quand je veux et on fait ce que je veux) et du coup apprécie qu'on respecte ses prises de position. C'est celle qui a le courage d'assumer sa conception des relations de couple (le mieux, c'est que je répartisse les tâches comme ça m'arrange, avec de possibles fluctuations selon ma fatigue, ma flemme et mon programme). Le petit hic, vraiment léger, c'est qu'il y a parfois un certain décalage entre ce qu'elle veut et ce qu'elle demande (je te demande de ne t'occuper de rien, en fait, je veux que tu fasses tout, enfin les trucs qui me saoulent, euh non mais t'aurais dû deviner comment je voulais que tu fasses, eh mais tu fais tout là c'est nul ce que tu fais c'est pas comme ça qu'il faut faire, PUTAIN MAIS T'ES CHIANT!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!). 

Avec la chiante, l'homme n'est jamais pleinement heureux.

Avec la chieuse, c'est l'épanouissement garanti. La jouissance de pouvoir prendre des initiatives (qui ont des chances d'aboutir quand elles coïncident avec l'envie de la chieuse, sinon risque de léger et charmant traînage de pied de la nana (c'est nul ton truc, fallait pas réserver là, pourquoi t'as pas regardé sur le site de machin...). Le bonheur de se voir rappeler AU QUOTIDIEN ET INLASSABLEMENT LES MEMES CHOSES. Le plaisir d'être aimé par quelqu'un de très très pointilleux et exigeant.

Le plus drôle, c'est lorsque j'en parle à des hommes. Il me disent "Ah, mais non quand même, c'est ça qui est génial, cette alchimie qui n'est pas toujours facile à obtenir, elle n'en a que plus de prix". Leurs yeux pétillent, ils sont attendris en pensant à leur compagne... 

Parce que les bons côtés de la chieuse sont très supérieurs à ses mini défauts (qui n'en sont d'ailleurs pas).

Il existe de très nombreux degrés d'emmerdeuse.

J'aimerais beaucoup savoir à quel niveau vous vous situez (et pour les hommes, où vous situez votre nana).

- L'emmerdeuse très légère, qui emmerde pour la forme, mais finit toujours par céder (officiellement "c'est hors de question que je fasse ta valise, chuis pas ta bonne", et concrètement, elle fait la valise de LUI avant la sienne)

- l'emmerdeuse chronique, qui pinaille sur tout, et fait sa princesse en permanence (on pourrait l'assimiler avec la chiante, mais elle reste vivable).

Ah, j'ai oublié les niveaux intermédiaires?

- L'emmerdeuse de base, elle aime qu'on fasse ce qu'elle veut, le dit, mais a une certaine marge de tolérance pour ce qui vient de l'autre 

- L'emmerdeuse intermittente, elle chipote quand elle est fatiguée, désoeuvrée ou exaspérée par une attitude récurrente réellement inadmissible. Sinon, elle est ultra cool (je sens que vous serez nombreuses à vous classer là).

- La non-emmerdeuse : elle est actuellement en train d'emmerder quelqu'un d'autre, désolée...

Vous aurez tous compris que toutes ces catégories sont aussi valables pour les mecs.

Eh oui, TOUT LE MONDE EMMERDE TOUT LE MONDE, et c'est ça qui est bien. 

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Ce matin, dans un magasin, mon regard a été interpellé par un curieux phénomène. 

Une femme enceinte tenait son ventre. 

J'avais déjà remarqué cela, c'est un phénomène relativement courant, qui ne cesse de m'étonner pourtant.

Pourquoi TENIR SON VENTRE?

- Parce qu'il peut tomber. Lorsque j'étais enceinte, je ne tenais pas mon ventre, et il restait tout de même en place malgré ma suractivité (quoi?), ce n'est donc pas la raison. 

- Parce que la femme n'en revient pas d'être enceinte. C'est vrai quoi, c'est sûr sûr qu'il veut être le père de son enfant (toute nana est chiante, c'est un fait), il faut vérifier toutes les 2 secondes au cas où? 

- Pour "sur-indiquer", comme dirait Carole, qui tient elle-même cette expression de son ami Roland (Barthes). La nana veut montrer, remontrer et démontrer qu'elle va avoir un bébé. C'est excusable dans certaines circonstances (dans le métro, au cas où le gentil jeune homme qui fait semblant de lire un magazine n'ait pas bien compris qu'il devait immédiatement céder sa place au postérieur de la future maman, qui présentement, est plus saoulée par sa journée que fatiguée par sa grossesse). Cela peut aussi être nécessaire dans le cas où la nana soit prise de l'envie subite de griller une queue (auquel cas mieux vaut montrer qu'on est enceinte, sinon eh oh vous vous croyez où madame nan mais on rêve eh va falloir se mettre au régime ma petite dame).

Je pense tenir mon explication, quand, une heure plus tard, je croise à nouveau cette nana qui, cette fois, CARESSE SON VENTRE. 

Pourquoi une telle attitude?

- Pour SUR-SUR-INDIQUER :elle est enceinte, elle le dit, elle l'indique en permanence (parce que son gros bidou n'est peut-être pas suffisamment explicite, parce qu'elle ne peut risquer qu'une personne sur Terre ne soit pas au courant)

- Parce qu'il paraît que pendant la grossesse le foetus perçoit TOUT (autant donc percevoir d'emblée qu'il doit s'attendre à une maman plutôt du genre ultra fusion)

- Parce que ça fait du bien au ventre (mais non, pas à l'ego, qu'allez-vous chercher?)

- Parce que cela permet de nouer les premiers contacts avec l'enfant (raison plausible)

- Parce que c'est là que commence le travail de la PERFECT MOTHER (on y reviendra...)

- Pour sentir "ce cadeau que nous offre la vie" (petite dédicace à mon amie Lau)

La perfect mother caresse son ventre et ceci, en permanence. Plus tard, elle allaitera le nouveau-né, ne fera pas un mouvement sans son écharpe de portage (avec le bébé dedans), résistera à ses pleurs parce qu'il ne faut pas céder, ne lui fera que des purées maison, l'emmènera au square AVEC PLAISIR, écoutera des opéras avec lui dans la voiture, etc. (vous vous êtes reconnues? Bravo!). 

Je ne peux cependant m'empêcher de me demander ce que deviendra un enfant ayant passé les neuf premiers mois de sa création à être caressé non stop. Comment réagira-t-il lorsqu'il réalisera que l'être humain peut ne pas être caressé, et ce, de manière plutôt récurrente? Bonjour, je viens pour l'entretien d'embauche, pouvez-vous me caresser, je suis en manque? Vas-y, caresse-moi putain!

Bon, en même temps, ces caresseuses ont peut-être raison. Après tout, ce sont de perfect mothers.  

 

 

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