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Le monde dans tous les sens.

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J'avoue que je pensais interrompre provisoirement ma série "Chouquette va à l'école", cela fait déjà 3 jours que la nouvelle routine s'est mise en place et je ne voyais pas bien en quoi une journée pouvait se distinguer d'une autre.

Je vais donc chercher Chouquette dans sa classe comme d'habitude (oui à mon échelle 3 jours c'est déjà de l'ordre des habitudes, même si on a immédiatement cassé le rythme en refaisant n'importe quoi dès ce week end). Nadine sa maîtresse me regarde et s'apprête à me parler : je trouve cela étrange, pourquoi un tel traitement de faveur alors qu'on nous a bien expliqué que le soir LES MAITRESSES ONT AUTRE CHOSE A FOUTRE QUE DE DISCUTER AVEC LES PARENTS, ELLES ONT UNE VIE AUSSI QUOI MERDE. Nadine souhaite pourtant communiquer avec moi en tant que moi, et pas en tant que personne qui vient de faire une connerie (oublier des papiers, arriver en retard, renverser la caisse de jouets qu'elle vient de ranger). 

CHOUQUETTE S'EST FAIT UNE BOSSE.

Nadine m'offre cette information brute de décoffrage et regarde ma réaction (ai-je l'air intéressée? contente? habituée? doit-elle me signaler aux services sociaux?). 

Chouquette soulève sa frange et je découvre une énorme bosse bleutée entourée de diverses rougeurs frontales (non pas de photo, contentez-vous de mes descriptions cliniques). Je suis super ravie, parce que la bosse est pile à l'endroit que je surprotège depuis 4 mois plus que mon iphone à savoir la cicatrice de Chouquette. 

Toujours guettée par Nadine, je sens qu'il faut que je sois une mère parfaite (une attitude en trois temps dont vous pourrez vous inspirer le cas échéant)

1) je cerne le problème en posant des questions sur l'origine de l'incident

2) je fronce les yeux en signe d'inquiétude légère et de réflexion sur l'attitude à adopter

3) ok, merci, je gère, casse-toi Nadine

Bon, ça c'est pour la théorie, parce que je dois encore peaufiner quelques trucs (j'ai sorti une question con du genre "Elle a pleuré longtemps?", ce à quoi Nadine a répondu " Comme après une bosse". )

Je repars, et je me dis super, la première bosse depuis la naissance de chouquette. En même temps, comme dirait l'autre, ça lui apprend la vie (c'est vrai quoi, quand elle se fera des bosses adulte, eh ben euh, ce sera pas les premières). 

La mesure me fait dire : une bosse c'est pas du tout grave, c'est le niveau zéro de la gravitude.

La belette attitude me fait dire : une bosse au bout de 3 jours, bof (chouquette n'a manifestement pas intégré qu'à la maternelle ya pas des parents surprotecteurs ou une nounou un peu trop impliquée pour veiller à ce que le monde autour ne représente aucun danger).

Je demande à Chouquette si elle a eu mal.

Oui, j'ai beaucoup beaucoup pleuré, et j'ai demandé ma tétine.

Et ils te l'ont donnée?

Non (avec une tristesse tout en retenue).

PUTAIN NADINE çA T'ARRACHERAIT LA GUEULE D'ËTRE SENSIBLE A LA DOULEUR HUMAINE?

Je dis à chouquette "tu sais petit poussin c'est très dangereux de courir dans la cour de récréation".

Elle me regarde hyper fière:"Après, j'ai marché"( tu m'étonnes).

Sur le chemin du retour, tout le monde semble attiré par le front de ma descendance. 

Je regarde, et vois une deuxième bosse (une rapide concertation entre mes neurones me fait aboutir à la question suivante : peut-on se faire 2 bosses à deux endroits différents au cours d'une même chute?)

Chouquette, t'es tombée une fois?

Oui, euh non, 2 fois maman, non... 3!!!!!!!

Bien bien bien une série de bosses en quelques minutes de récré, une profusion de chutes, des glaçons, de la pommade, des rougeurs, des bleus, et le réveil de la cicatrice qu'on croyait en voie d'atténuation. 

NADINE MAIS PUTAIN TU FAIS QUOI PENDANT LA RECRE AU LIEU DE JOUER EXCLUSIVEMENT AVEC MA FILLE?

Je mets tout de même Chouquette en garde pour demain.

Poussin, puisque Nadine n'est pas foutue de te surveiller, ne cours plus pendant la récré.

Et là...

Non mais C'EST A CAUSE DE LE GARCON BLEU.

QUOI?????????

Il m'a tapée, il m'a poussée et après il m'a jetée par terre.

Bon, restons calmes et mesurées.

Demain tu fais ton dernier jour à la maternelle.

 

 

 

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Voilà, c'était le premier jour d'école de chouquette (sa maternelle pratique l'adaptation, au début l'enfant était invité à goûter l'école sous une forme très différente de la forme ultérieure et définitive, j'ai pas bien compris l'intérêt, mais j'ai bien compris qu'on se foutait de mon intérêt)

Bref, la vraie rentrée a donc eu lieu ce matin. 

A 8H20, j'étais en bas de chez moi, prête à emmener chouquette à l'ECOLE (je m'entraîne à dire ce mot d'un ton neutre, j'arrive pas, je crois que je véhicule malgré moi certains arriérés), et je me retrouve prise dans une nuée de parents exerçant la même action que moi. Certains enfants sont avec leur nounou, d'autres avec leurs deux parents, une dame a le temps de me glisser qu'elle est séparée du père, une maman va sans doute pas tarder à retourner se coucher, tout le monde avance d'un pas certain.

Chouquette s'énerve. Je vais trop vite, elle ralentit, j'angoisse, putain chouquette tu peux pas marcher comme tout le monde, enlever ta tétine, dire bonjour à la gardienne quand t'arrives, putain on va être en retard, et est-ce que c'est aujourd'hui qu'il fallait ramener les papiers de la cantine, est-ce que chouquette aura trop chaud avec son haut, et si elle a faim avant le dej?

Je croise une maman qui n'a pas eu le temps de mettre sa jupe, mais elle n'a pas l'air particulièrement gênée, ça doit lui arriver souvent.

18-avril-0001.jpg

 

On arrive dans les dernières. Nadine, la maîtresse, demande si tous les enfants ont bien laissé leurs affaires pour la cantine. Putain, quelles affaires? Putain, de quoi elle parle? Je dois faire quoi (j'ai une boule au ventre)? Je comprends qu'elle parle du doudou et de la tétine, j'ose un "on les met où?", regard noir de Nadine, "Bah là (tu suis rien ou quoi, tout le monde a compris depuis longtemps). Je pars mortifiée, ça y est je suis catégorisée comme la demeurée du coin (j'ai essayé de compenser ce soir par des sourires niais et béats dès que je croisais Nadine, mais je crois que cela a juste renforcé l'impression de ce matin) (c'est fini je ne mets plus les pieds dans cette école).

A la sortie, chouquette m'a calmée direct.

C'était bien, t'as fait quoi?

Plein de choses.

De la dînette, du dessin, des puzzles?

Plein de choses j'ai dit.

Putain ma fille aussi pense que je suis demeurée.

Sinon, voici ce qu'a donné mon casting de nounou d'hier. Il est bien clair qu'il s'agit là d'un ressenti à J1, sachant qu'à mon habitude, je suis sujette à varier une grande multitude de fois mon point de vue (elle est géniale, elle est nulle, je l'adore, je la supporte pas) (j'ai une personnalité riche et complexe).

La nana -appelons-la Sandra, c'est son prénom - m'attendait en bas de la maison avec son fils de 13 ans (un Portugais avec un accent allemand, une expérience et des sensations uniques).

Elle ne m'avait pas prévenue qu'elle serait accompagnée, un mauvais début vite compensé par le fait que le dénommé André s'est chargé d'occuper chouquette pendant 1H30 (bon, j'ai retrouvé des morceaux de pistolet en plastique dans la douche, un bracelet sous ma couette, et une chambre quelque peu retournée, mais chouquette était si épuisée qu'elle s'est endormie à 20H30, une première dans l'Histoire mondiale de son humanité). 

Sandra m'expose sa vie.

Je travailler en Suisse, und je venir en France un an.

Vous êtes en France depuis un an? 

Oui, quand je séparer mon mari, je venir en France, und mon fils venir avec moi.

Je lui explique avec brio notre parcours nounouesque, mes exigences (voilà, en gros, je suis trop sympa comme meuf mais FAUT PAS M'EMMERDER NI ME SAOULER SOUS AUCUN PRETEXTE) et le détail de nos attentes (j'aligne les banalités et les questions débiles du genre "vous aimez jouer avec les enfants?").

Elle répond avec enthousiasme, trop heureuse de trouver quelqu'un d'aussi demeuré que moi.

Je adorer jouer avec les enfants, und je beaucoup amuser avec mon fils, beaucoup faire sport, et musées, et beaucoup activités. Je trouver très intéressante parler avec vous.

J'amène la question cruciale, à savoir son rapport à la bouffe.  

Bon, et euh sinon, vous cuisinez un petit peu ou vous n'aimez pas ça?

Elle me délivre alors une confidence.

En Suisse, je travailler dans hôtel-restaurant avec mon mari, und je tout apprendre, la lingerie, le ménage dans chambres, le service du vin... Mon mari chef de cuisine, je tout regarder, und je être cuisiniere aussi. Je pouvoir poser questions? Vous vouloir me faire des listes de course, ou je regarder et je occuper de tout pour faire repas? Vous vouloir moi preparer repas midi et soir ou juste soir? 

Euh j'avais pas vu les choses sous cet angle, plutôt le soir puisque le midi vous ne serez pas là.

Pas problème, alors je tout mettre dans four avant partir comme ça vous rien à faire. 

Vous pourrez venir à la maison si j'accouche à 4h du mat? C'est grave si je change sans arrêt les horaires? On peut remplacer l'après-midi par des soirées de baby sitting?

Oui, pas de problème. Je contente etre avec votre fille, comme ça je apprendre français avec elle, j'ai des problèmes avec verbes mais je comprendre tout.

Bon, voilà, elle commence la semaine prochaine.

Un bémol cependant, en partant, on s'est serré la main et elle a ajouté "Nous peut-être embrasser dans 3 mois hihihi".

Euh... 

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Ce matin, direction le "centre de loisirs" avec Chouquette. 

Maman on va où?

Poussin, le centre de loisirs, c'est comme l'école, sauf qu'il n'y a pas d'apprentissage à proprement parler, tu comprends. 

On va ENCORE à l'école?

Poussin, "encore" sous-entend une certaine récurrence, et si au bout de 2 fois t'es déjà saoulée, ça veut dire que t'es comme ta mère, à savoir moi, à savoir c'est pas gagné. 

Habitant à tout de même 75 mètres des festivités, nous parvenons après une folle course à arriver les dernières.

Maman, on fait quoi comme jeux?

Ecoute, poussin, il ne s'agit pas de jouer ensemble, toi tu joues ici et moi je vais jouer dehors d'accord?

NON. TU RESTES.

Poussin, on a déjà discuté du concept du "je ne peux pas passer ma vie à donner des ordres à mes parents", ça c'est que pour la maison. Ici tu fais genre t'écoutes, tu fais semblant de rire quand l'animateur sort une vanne pourrie et tu manges bien pour que je puisse te faire des coquillettes ce soir.

Je n'ai pas fini de parler qu'elle est déjà occupée ailleurs, ma perception fine du monde me permet de déduire qu'elle n'en a rien à foutre de ma gueule.

A part ça, tout à l'heure, je reçois une 3000è nounou pour un casting. Je ne comprends  d'ailleurs pas pourquoi j'ai du mal à trouver, alors que ma requête est ultra simple. 

- pour les horaires, euh, c'est fluctuant dans un premier temps, puis dans un second temps cela continuera à être fluctuant et par la suite, il y aura plus d'heures et encore plus de fluctuations. Voilà, ça c'est pour l'idée générale, parce que ça pourra fluctuer.

- ce ne sont que quelques heures par jour, mais ça doit être les heures que je veux et je dois pouvoir changer au dernier moment. En d'autres termes, vous m'êtes dédiée, pas question de prendre un autre boulot en même temps (je dois pouvoir décider d'aller au ciné quand je veux).

- il faut que la personne n'ait ni enfant en bas âge (en dessous de 15 ans) (pas question qu'elle ait des contraintes horaires autres que les nôtres) et n'envisage pas d'avoir un enfant avant que j'aie décidé de la virer. On aurait pu croire que ne pas avoir d'enfant ni envisager d'en faire soit la solution (je l'ai cru), en fait non, car la personne peut avoir tendance à croire que votre enfant est le sien et S'IMPLIQUER UN PEU TROP.

- un être unique qui comprenne ce que je veux qu'elle fasse sans que j'aie à ouvrir la bouche (j'ai essayé avec mon marido, ça marche PAS DU TOUT mais je ne désespère pas avec une nounou)

- quelqu'un de discret, qui ne cherche pas à S'IMPLIQUER UN PEU TROP, sauf pour le ménage 

- quelqu'un qui ne juge pas, ne commente pas, ne critique pas (même derrière notre dos), et s'incline devant nos méthodes éducatives post-modernes (oui, la flemme est une méthode)

- une personne efficace, qui sache cadrer l'enfant sans autoritarisme mais avec affection et surtout SANS S'IMPLIQUER UN PEU TROP

- quelqu'un qui ne soit pas ma dernière nounou qui, vous l'avez compris, avez tendance à... être présente (avec la conviction d'être la meilleure des mères/nounous/femmes de ménage/médecins/psy/décoratrices/bricoleuses/journalistes, etc.)

- et une multitude d'autres critères que je vous épargne, mais que je ne manquerai pas d'évoquer à la postulante du jour pour bien la dissuader (cela dit, elle m'a fait un peu peur : "Je viens chez vous tout à l'heure, comme ça, vous me regardez, et je vous regarde").

Bon, la plage horaire qui m'a été accordée par le centre de loisirs touche à sa fin et j'ai rien foutu de mon boulot...

La suite... demain, quand j'aurai bien regardé la nana. 

 

 

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Chouquette a fait sa première rentrée ce matin.

PUTAIN j'vous dis pas l'angoisse. Non, pas la sienne (elle est si innocente), la mienne (elle, du moment qu'il y ait plus de 800 activités, soit de quoi en changer toutes les 7 secondes, elle est contente).

Depuis plusieurs jours, nous avons essayé avec mon marido d'imposer un rythme à Chouquette afin qu'elle ouvre spontanément les yeux chaque jour à 7h30 (ni avant, ni après, il ne s'agit ni de lui lire des histoires à 5h du mat ni de lui faire piquer un sprint jusqu'à l'école en pyjama). 

Timing bien réglé ce matin, nous étions parfaitement à l'heure. Et cela, sans stress, puisque je n'ai pas dormi de la nuit (assaillie par mes souvenirs d'enfance liés à la rentrée...), et j'ai à peine regardé l'heure un millier de fois.

Dans ma prime enfance, légèrement surcouvée, je hurlais à la mort dès qu'on s'approchait d'une maternelle à moins d'un kilomètre (j'avais un radar à écoles), si bien qu'au final je n'ai fait que 3 petits mois en tout et pour tout à la "petite école" (non sans avoir été convaincue par ma mère que je risquais bien de finir menotée si je m'obstinais). 

Tout compte fait, je crois que les menottes auraient été un moindre calvaire. La directrice, les autres enfants, la maîtresse, je ne garde curieusement comme souvenirs de cette frêle période que des moments d'angoisse (un jour, un enfant a passé sa tête à travers les barreaux sans réussir à l'enlever, arrivée des pompiers, l'image reste gravée, tout comme d'autres mais on n'est pas chez le psy, si?). Par rapport à chez moi, cela dit, tout ordre ou remise dans les rangs me semblait alors un abus démesuré d'autorité et me terrorisait littéralement. A l'école, TOUT LE MONDE POUVAIT ME MANGER alors que chez moi, je mangeais tout le monde (vous auriez pu, vous, échapper à la maternelle pendant 3 ans sous le simple prétexte que NON JE VEUX PAS Y ALLER?).

Un micro-phénomène générait chez moi des nuits et des jours d'angoisse (par ex, ma mère avait été convoquée parce que j'avais échangé une de ses bagues - en toc mais qui faisait grave de l'effet- contre une bille : rien que d'y penser, j'ai une boule de ventre, non que ma mère ait émis une opinion désobligeante à mon égard, mais parce que j'avais l'impression d'avoir commis le truc gravissime du millénaire) (oui j'ai toujours été du genre à relativiser). 

Bref, je compense aujourd'hui ces afflux de mauvaises ondes par un surjeu permanent auprès de Chouquette "On va à l'école demain, c'est super, hein? Ouhlalallalla t'as de la chance, ya plein d'enfants et une super maîtresse à la maternelle tu vas bien t'amuser hihihi". 

J'avoue cependant que ce matin, je n'en menais pas large, songeant à la directrice qui ne manquerait d'étiqueter Chouquette comme sale gosse (lors de notre première entrevue, Chouquette avait passé son temps à dire " je veux pas rester avec la dame", aux photos d'identité ratées que j'ai données de Chouquette (où elle tourne la tête), à la paperasse que j'ai mal remplie (ya des trucs on comprend rien alors j'ai répondu au pif), etc. (non, je ne continue pas à me prendre la tête pour des conneries, c'est une idée reçue complètement fausse).

J'avais également une autre crainte : que Chouquette écope de la pire des maîtresses, à savoir Nadine (un risque sur 4). Nadine c'est l'archétype de la sorcière, elle a de longs cheveux noirs, les yeux méchants de Farès, ne sourit jamais et répond avec une froideur systématique (ambiance je glace mon interlocuteur tu vas voir qui c'est qui commande). Quand je la vois, j'ai peur, et quand je lui parle, je bafouille (comme ça, elle comprend bien que la mère de Chouquette est une pov bouffonne). Enfin, ce matin, ça m'a bien fait rire (intérieurement, cf le contexte) quand la maman devant moi a demandé si son fils pouvait rester la journée et s'est vue répondre (ton horrible et sec) : "Vous travaillez?" "Euh oui euh enfin non enfin euh je". "Ok (tu sais même pas ce que tu fais de ta vie), on verra après la Toussaint" "Euh oui bon bah je viens le chercher à midi alors". 

Nous arrivons devant les affiches où sont listés les noms et la maîtresse associée. Pour Chouquette... Nadine. Cette information ne m'atteint pas, cette information ne m'atteint pas.

Dans cette école, il y a une adaptation. Le premier jour, 1h sur place (les parents restent 15 mn puis partent 30 mn puis reviennent, comme ça on est sûrs que l'enfant est chamboulé un max en un minimum de temps).

Nous sommes partis, certains parents ont pipeauté "on part 15 mn chéri" (comme si l'enfant faisait la différence entre 15 mn et 30 mn), un seul enfant a moufté (et les parents avaient grave les boules, ils restaient guetter devant la porte jusqu'à ce que la sorcière leur signifie de dégager fissa c'est clair?).

A notre retour, Chouquette était verte de devoir arrêter son gâteau en pleine cuisson (elle avait mis du temps à éjecter Tess de la cuisine). 

En sortant de la classe, j'ai croisé 2 mamans qui m'ont regardé avec pitié lorsque j'ai annoncé le nom de la maîtresse "Bon bah euh, elle est pas facile-facile, mais faut piger le truc et il paraît qu'elle est vraiment top avec les enfants". "Enfin moi, j'aurais pas aimé l'avoir...". 

Finalement, tout s'est très bien passé, je me dis que COMMENT C'EST TROP FACILE LA RENTREE.

Sauf que je demande à Chouquette : "C'était bien l'école, t'as bien joué hein!!!?". 

Elle répond "Oui, mais j'étais triste passe que mes copines elles ont pas voulu me parler".

Attends, chouquette, l'amitié est un long processus qui nécessite un minimum de temps pour se mettre en place. Ne te laisse pas déstabiliser ainsi, surtout par ces connasses de Tess et Uma (appeler sa fille Uma n'en fait pas DU TOUT un sosie d'Uma Thurman, sachez-le).

J'étais à deux doigts d'appeler Xavier de Ligonnès pour qu'il mette de l'ordre là-dedans et bute direct les 2 qui traînaient dans la cuisine de Chouquette sans lui adresser la parole, mais je me suis dit que ce serait un mauvais départ pour la scolarité de ma fille.

De retour à la maison, Chouquette ne tarde pas à plonger dans sa sieste, et je fais de même, j'ai eu trop d'émotions.

Putain. 

Quand je pense que Chouquette est contente de retourner à l'école demain...

 

. 

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Il y a deux ans, alors que j'allumais nonchalamment la télé pour un point infos vers 01h du mat (pendant que vous dormez, je garde un oeil sur le monde, la vie est ainsi faite), le gros titre était celui-ci: "Michael Jackson serait mort".

J'ai relu à de multiples reprises, et même convoqué mon marido pour confirmation.

Michael Jackson était donc un être humain? (c'était ça, le scoop)

Michael Jackson est mort juste avant de renaître de ses cendres à l'Arena de Londres lors de son "grand retour sur scène". Dommage.

Michael Jackson est mort. Choc mondial. Le ringard, méprisé, honni de la dernière décennie redevient à la faveur de sa disparition LA PLUS GRANDE STAR DE TOUS LES TEMPS.

Les médias qui n'évoquaient depuis longtemps que ses masques chirurgicaux, sa peau blanchie, sa pédophilie, ses frasques de millionnaire, ses faux enfants, ses faux mariages, etc. se prosternent désormais sur son génie musical qui va manquer à l'humanité.

Les plus grands artistes lui rendent hommage. Des prisonniers philippins reprennent la chorégraphie de Smooth criminal dans leur geôle, les Argentins se déguisent en personnages de Thriller, des villages africains sont en deuil. 

Chacun perd le bout de Jackson qui lui appartenait. 

Mais une tache continue à salir la réputation posthume du disparu. 

Quoique complètement blanchi à l'issue de son procès pour pédophilie, la rumeur s'était incontestablement transformée en fait pour beaucoup.

Fascinée par le personnage, j'ai voulu en savoir plus, et il est de mon devoir de vous délivrer ce que j'ai appris.

- Michael Jackson avait un côté naïf, et les paroles de ses chansons aussi (Il faut soigner le monde, en faire un lieu meilleur pour toi, moi et le monde entier). D'aucuns auraient pu le prendre pour un Frédérique François. Il était en réalité immensément cultivé, possédait une extraordinaire connaissance de l'histoire de l'art, du cinéma, et d'une multitude de sujets. Il lisait énormément, et pas que le Journal de Mickey (qui a cependant forgé mes propres ancrages philosophiques).

- Michael Jackson était pédophile et s'il a été blanchi, c'est grâce à son fric le monde est pourri. J'étais convaincue qu'il ne l'était pas (nous devions être une dizaine sur cette planète à avoir cette opinion), mais j'ai tout de même lu un livre consacré au sujet ("Michael Jackson, les dernières années" de Ian Halperin). L'auteur, un journaliste d'investigation très connu, est d'autant plus crédible qu'il a commencé son enquête avec la ferme conviction de la culpabilité de l'artiste et avec l'ambition de réunir toutes les preuves possibles que le procès avait été truqué. Il ressort du livre (passionnant, au demeurant) qu'il n'existe ABSOLUMENT AUCUNE PREUVE DE LA PEDOPHILIE DE MICHAEL JACKSON, et ce, malgré les tentatives acharnées d'une multitude de personnes (journalistes, procureur, avocats...) de démontrer l'inverse. Aucun témoignage sur le sujet (d'ex employés sympas, d'anciens amis sympas, d'ex invités sympas) n'a jamais porté une once de crédibilité (des versions contradictoires, des mensonges montés de toutes pièces, des arnaques pour soutirer de l'argent à des tabloïds...). Alors certes il peut paraître douteux de dormir dans un lit (mais celui de Jackson faisait peut-être 10 mètres?) avec des enfants qui ne sont pas les siens. Mais aucun geste déplacé n'a jamais été prouvé. A rétablir aussi : on dit que Jackson aurait payé la famille de Jordan Chandler pour qu'il se taise, c'est en réalité la compagnie d'assurances du chanteur qui l'a fait, complètement en désaccord avec le principal concerné.

Voilà pour l'essentiel.

Pour le reste, son blanchiment, ses frasques, sa maladie, ses enfants... Certains mystères ont-ils réellement besoin d'être levés?

Grâce à ce billet, je suis désormais indissociable du mythe, et si Jackson laisse un héritage sur terre digne de ce nom, c'est parce que je l'ai bien voulu. 

 

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Une amie m'a récemment alertée sur la nécessité d'aller jeter un oeil au nouveau concept de télé réalité de TF1, à savoir : "Quatre mariages pour une lune de miel". 

Le principe? Une pure resucée du Dîner presque parfait version mariage (remarquez c'est toujours moins pire quand TF1 copie-colle M6 que quand ils innovent cf Secret Story).

4 nanas assistent au mariage des unes et des autres, donnent des notes (ambiance, lieu/décor, robe et repas) et le couple gagnant peut fuir partir aux Seychelles grâce à TF1. 

Plutôt friande de ce genre de programme particulièrement niais et voyeur, j'ai jugé de ma responsabilité de regarder immédiatement TF1 Replay en rentrant du ciné.

Bilan : c'est particulièrement niais et voyeur donc cela me convient parfaitement (si ce n'est cette tendance qu'ont toutes ces émissions à occuper les 3/4 du temps avec du réchauffé). Le format me convient bien car il ne sollicite mon cerveau que 45 mn, ce qui est un maximum. 

Le 1er jour, les 4 nanas se rencontrent, font semblant de s'intéresser les unes aux autres, mais sont surtout très contentes parce qu'elles sont sûres de gagner au vu des thèmes annoncés (je me demande combien TF1 a payé cette pauvre fille pour lancer à la caméra "Mon mariage va être fantastique!"?).

On apprend donc sur cette émission quels vont être les différents thèmes (oriental, cinéma, anges et colombes...), quel est le nombre d'invités et le budget dédié (cela varie de 60 à 200 invités, de 50 euros/tête à 200 euros/tête, autant dire que nous naviguerons de châteaux en salles municipales dans un grand souci d'égalité). 

Ensuite, les 3 nanas reçoivent le faire-part du premier mariage et le commentent "woauh un parchemin, le mariage va vraiment être luxueux ", "c'est décevant, je m'attendais à quelque chose d'original, là on n'a aucun indice sur le thème (elles sont toutes obsédées par les thèmes), "on dirait un prospectus" (NDLR : certes), "oh, un "permis de faire sa vie à 2", ça c'est super, j'avais jamais vu, mais JE NE VOIS PAS LE RAPPORT AVEC LE THEME"...

Les 3 "mariées-juges" (ils les appellent comme ça, c'est beau non?) se rendent à la mairie, habillées dans le thème quand il y en a un ou endimanchées. Commence alors le festival de "je fais genre je mets du bon esprit mais j'ai qu'une envie c'est que la mariée arrive en retard avec une robe pourrie". 

La mariée arrive, parfois les autres sont obligées de reconnaître qu'elle est pas mal (là elles font de la surenchère de "elle est rayonnante", "elle est vraiment superbe", "le diadème, les mitaines, la parure, la robe de princesse, elle est parfaite" (cette émission est aussi l'occasion pour le téléspectateur de manifester son ouverture d'esprit...), et d'autres fois elles font mine d'être désolées parce que "oh la la la pauvre, sa robe est beaucoup trop grande, on voit même son soutif derrière" (ça c'est la version devant les copines, parce qu'en privé elle y va franco "c'est quand même le comble pour une vendeuse de robes de mariée d'arriver avec une robe pas du tout à sa taille, je mets 9/20). Enfin, le pire reste quand "la robe est belle, mais je m'attendais à la robe de Cendrillon PUISQUE C'EST SON THEME", "elle est somptueuse, mais elle aurait dû mettre une robe plus orientale, COMME SON THEME".

Quand l'attente se prolonge, impossible de dire on se fait grave chier, cela donne plutôt "j'espère qu'elle n'a pas eu de souci", ou "ça commence à être un tout petit peu long 45 mn hihi". 

On enchaîne avec la cérémonie quand il y en a une. La mariée en robe trop large change de robe et refait attendre 45 mn ses invités, une cérémonie en plein air dégoûte une des mariées-juges qui pensait être la seule à avoir eu l'idée, un couple se concocte sa propre cérémonie avec versage de sable de deux couleurs dans un même vase en signe de leur amour indéfectible (on a dit ouverture d'esprit). 

La mariée en bustier tombant qui avait été la plus critique lors des précédents mariages cumule les merdes pour la plus grande joie le plus grand souci des autres. L'envol des colombes dont elle rêvait est compromis par l'absence des colombes, le pâtissier a fermé boutique quand sa mère passe chercher les desserts du mariage, les invités bouffent du pain aux paillettes tant elle s'est lâchée sur la dose, elle est la seule à mater la surprise de ses filles...

Lors de la soirée, on a droit à des jeux en tous genres (reconnaître le mollet de son mari parmi une forêt de mollets, trouver une clé dans l'assistance, décliner son identité devant tous les invités), des surprises surprenantes (un marié offrant à sa femme un chippendale en live...), des ambiances relatives...

Le repas déroule lui aussi ses décalages ("c'est quoi cette truffe violette, berk?" (NDLR: une pomme de terre vitelotte), "ah c'est pas un magret là, c'est une cuisse de canard en fait", "le jambon étalé comme à la cantoche, c'est pas trop mon truc pour un mariage". ) Le summum de la mauvaise foi étant atteint par la jeune Arbia qui met 7/20 au repas parce qu'elle a "mangé du poisson toute la journée" (elle n'aime pas la viande, donc la mariée a eu la gentillesse de lui faire servir des plats de substitution). 

Pour la dernière émission, les 4 couples assistent à la diffusion des commentaires de leurs 3 invitées spéciales... C'est là que la jeune mariée apprend qu'elle "était vraiment disgracieuse dans sa robe", que l'"ambiance était nulle" ou le décor "vraiment moyen".

Inutile de vous dire que l'émission ne doit pas créer beaucoup de nouvelles amitiés.

La gagnante de la première série était organisatrice de mariages... 

Cendrillon n'a pas fait fureur sans sa robe de bal, même si elle n'avait lésiné ni sur le taboulé ni sur les figurines.

Arbia n'a pas mis le feu avec ses 7 changements de robes (la 3è à 4h du mat) et "tout ce bruit, tout le temps, c'est trop" (dixit Delphine). 

Les anges sans les colombes portent la poisse.

Bon, voilà, je critique, mais qu'aucun des invités de mon mariage ne me dise jamais ce qu'il pensait vraiment du mien...

Pour les amateurs, c'est tous les jours du lundi au vendredi sur TF1 à 17h25 (quoi vous avez autre chose à foutre? bon ok regardez Sarko, Martine et François c'est plus drôle). 

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Schtroumph G. l'avait prédit : ma critique plus que mitigée du brunch de l'Artiste attirerait à coup sûr des réactions.

J'avais connu ce brunch via une bloggeuse enthousiaste, laquelle n'a pas manqué d'(essayer de) me ramener à l'unique vérité qui soit, à savoir : il s'agit d'un brunch à l'excellent rapport qualité-prix.

Voici son commentaire :

"Désolée donc pour la déception... l'assiette chaude est pas géniale aparemment selon toi - arrivée à 11h30, la mienne avait été généreusement servie et il n'y avait pas de souci de couleur au niveau des oeufs brouillés.

Après, pour un brunch parisien à moins de 20 euros, je te défie d'avoir du mariages frère en thé - la qualité se paye, et ce n'est pas un brunch luxe ici.

C'est un brunch varié, dans un esprit un peu bon enfant.
Quant au buffet, en forme de U - à 3 on peut y aller sans se marcher sur les pieds, mais encore faut-il être de bonne humeur ;)".

Voilà qu'après avoir été traitée de champignon hors saison, on m'informe que si ma critique était négative, c'est parce que j'étais de mauvaise humeur le jour de ce brunch.  

C'est marrant comme en matière de resto on doit s'abstenir de dire ce qu'on pense.

A ma courte échelle, je soulève une petite coulée agressive à chacun de mes commentaires non élogieux. Je me demande comment font les journalistes gastronomiques pour être encore en vie. 

Pour répondre sur le détail à cette bloggeuse pas d'accord avec mon désaccord :

- "l'assiette chaude pas géniale apparemment selon moi". En effet, je persiste et signe, c'était purement dégueu.

- "pour un brunch parisien à moins de 20 euros, je te défie d'avoir du mariages frère en thé - la qualité se paye, et ce n'est pas un brunch luxe ici". Mais alors, mon expérience d'une petite centaine de brunchs à Paris ne m'aurait donc pas appris à faire la différence entre ce que je suis en droit d'attendre d'un repas à 19,50 euros et un autre à 80? Il existe à Paris des brunchs à moins de 20 euros (par exemple, Le Café qui parle, pour n'en citer qu'un), copieux, chaleureux, avec un effort tout de même pour ne pas sombrer dans le fadasse. Pas mal d'autres offrent pour une petite poignée de sous en plus (brunch à 23 euros chez Katz par exemple) une offre vraiment variée et qualitative, avec du fait maison. Je suis de ceux qui préfèrent (nous parlons là des brunchs pas chers, on est d'accord) un Tropicana à 2 cm de jus d'orange pressée noyés dans 20 cm d'eau et 3 glaçons, pas d'oeufs brouillés plutôt qu'une version disons euh pourrie, moins de choix de gâteaux mais de l'artisanal, etc.

- "C'est un brunch varié, dans un esprit un peu bon enfant". Voilà donc ce qu'il faut penser du brunch de l'Artiste et qui est supposé faire taire les snobinards dans mon genre. Alors, varié, pas particulièrement (en même temps, c'est bien le moins pour un buffet), esprit un peu bon enfant, allez, si ça peut faire plaisir...

- Quant au buffet, en forme de U - à 3 on peut y aller sans se marcher sur les pieds, mais encore faut-il être de bonne humeur ;). Voilà, Pup et moi étions de très mauvaise humeur, c'est pour ça qu'on n'a rien aimé ce jour-là. Pour info, il faut savoir que quand je mange je ne suis jamais de mauvaise humeur, je laisse toujours sa chance au produit, mais j'aime pas qu'on me mette 19,50 euros de foutage de gueule à table.

Il s'agit, bien sûr, de mon ressenti, libre à vous de surkiffer ce lieu, son esprit bon enfant et son buffet délicieux et varié. 

Peut-être s'agissait-il d'un mauvais jour pour le cuistot (yavait un cuistot?). 

A venir, ma critique du brunch du Murano : si vous faites partie des inconditionnels de l'endroit, abstenez-vous de lire mon commentaire, j'ai peur d'être qualifiée ensuite de tomate dégénérée, et ça, je ne le supporterai pas.


 


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Les vacances ont pris fin.

Pendant qu'une amie explorait le Bouthan en solitaire, d'autres ont découvert qu'à Washington on se préoccupait plus de la crise que de DSK (alors que la question de la crédibilité de Nafi reste au coeur des problèmes internationaux), et l'agri tourisme toscan a attiré bon nombre de mes connaissances. 

Quant à nous...

La Côte d'Azur en août.

Ce que vous avez tous voulu éviter, nous y avons plongé.

Mon marido ayant eu la bonne idée de se voir retirer son permis quelques jours avant le départ (ce n'était pas grave, cela nous a juste permis 1) de changer l'intégralité de notre programme 2) de connaître les joies des trains, bus et autres trams 3) de nous balader avec une tonne de sacs bondés au cas où il pleuve/il fasse froid/ Chouquette se tache/ Chouquette s'ennuie/Chouquette ait faim/etc.  Cela dit, il faut reconnaître que l'on n'a jamais eu besoin de se garer (ne cherchez pas d'autres points positifs, yen a pas, ah si, cela nous a permis de nous immerger dans la culture azuréenne avec ses trains toujours en retard et ses longues attentes sur les quais). 

Nous logions à Nice dans un appartement très bien placé, entre la plage de galets où nous ne sommes jamais allés (ma soeur dit que les enfants s'éclatent avec les galets, j'ai quand même un léger doute, et nous avons préféré l'option châteaux de sable, beaucoup plus pratique pour bien salir l'appart et se changer 15 fois dans la journée), la gare de Nice (le seul endroit où les canettes de Coca Light sont imbuvables même glacées, ils ont une recette spéciale) et Nice Etoile (le centre commercial avec ses magasins typiques, Habitat, Grande Récré ou encore Promod).

Nous avons tout de même profité des bons points niçois, le Vieux Nice et ses ruelles surpeuplées, les glaces de chez Fenocchio (parfum tourte de blettes, citron meringué ou encore romarin, tout ça c'est bien mignon mais c'est pas parce qu'on fait des goûts originaux qu'on maîtrise la vanille), ou encore le Cours Saleya (où nous avons perdu Chouquette, que j'ai décrite comme portant "une robe blanche à petits pois noirs" alors qu'il s'agissait de rayures..., mais bon on l'a retrouvée au bout d'une minute, elle s'était cachée sous une table). 

Pendant ces vacances, nous avons fait pas mal de descentes cannoises. Non, pas pour aller dans le carré Vip du Gotha, mais pour trouver des lieux où planter la pelle et le rateau de Chouquette.

Nous avions le choix entre des plages privées et des plages publiques.

La différence? Sur une plage privée on paie cher pour s'entasser, alors que sur une plage publique on s'entasse gratos.

Un pote que nous avons croisé nous a dit qu'il choisissait toujours la même plage privée parce qu'il aime qu'on le reconnaisse, qu'on l'appelle par son nom, qu'on se bouge pour lui... Une certaine vision du luxe que je ne partage pas, j'ai des goûts beaucoup plus simples (j'aime qu'on se bouge pour moi, certes, mais je ne chéris que l'exclusivité : il me faut des lieux dédiés à ma personne, une plage déserte par exemple). 

Grâce à Chouquette, nous avons aussi fait (vraiment) le plein d'activités ludiques comme le Parc Phoenix, grande fierté botanico-animalière des Niçois, ou encore Marineland (40 euros/personne pour des spectacles que Chouquette a passés à regarder la voisine de derrière). 

(A ce propos, ceux qui n'ont pas d'enfant en bas âge, profitez-en...)

Sinon, côté alimentaire, Chouquette a surtout mangé des frites, et son papa aussi. Et l'un des principaux plaisirs de Chouquette fut de demander des glaces/pâtes/yaourts... pour dire ensuite "NON j'ai pas faim" sans les avoir goûtés.

Quelques bons moments alimentaires cependant, notamment le Bistrot Gourmand (cadre, service et plats franchement bien troussés pour un menu à 28 euros au dîner) et la Petite Maison à Nice (le fameux resto tenu par l'inénarrable Nicole, surbondé, serveurs survoltés, mais ambiance rigolote et très bon repas). Quelques désastres aussi, notamment à la soi-disant plage la plus chic de Nice à savoir Castel Plage (un riz-pâté que même une cantine n'oserait pas servir), ou encore à un resto de Saint Laurent du Var (une salade avec blatte incluse, je vous donnerai l'adresse si ça vous intéresse).

Et aussi... L'occasion d'aller chez de la famille et des amis qui ont eu la possibilité de vivre dans de sublimes maisons avec piscine, avec pour seul vis-à-vis la montagne Sainte Victoire (Chouquette a adoré, mais elle a aussi adoré la piscine municipale de Nice).

En résumé, de très bonnes vacances familiales. Des invitations très luxe et exclusives à Aix en Provence et Saint Jean Cap Ferrat. Un éléphant dénommé la belette faisant du 2 cm/heure avec son baby inside (autant dire que dans ces conditions le Bouthan n'aurait pas été très profitable, donc pas de regret).

Un conseil cependant, si vous n'avez ni enfant en bas âge, ni appart à dispo, ni sous à offrir à des blattes, allez voir ailleurs si vous y êtes (faites de l'agri tourisme en Toscane par exemple). 

 DSC08006.JPGEh non, il ne s'agit pas de la piscine municipale de Nice

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Elever un enfant, voilà un sujet qui n'a pas fini de soulever des prises de position tranchées et des certitudes, alors que, vous en conviendrez, il s'agit de tout sauf d'une science.

Ce serait simple si l'on avait juste à appliquer des équations préalablement définies par d'autres.

Fouetter un enfant lorsqu'il ne dit pas merci + le coucher avant 20H30 + lui donner des soupes bio x tous les jours sans exception = un adulte heureux

Emmener chaque jour son enfant au square + ne pas l'abrutir avec des dessins animés + ne jamais céder à ses caprices = bon courage mais c'est pour son bien, il sera poli et cultivé

Le fait est que l'élevage de poussins est bien évidemment plus complexe qu'il n'y paraît, car il est la somme de :

- papa est en haut qui fait des gâteaux (la personnalité du père, ce qu'il est ou fait semblant d'être pour que son enfant suive son exemple)

- maman est en bas qui fait du chocolat (le tempérament de la mère, sa propre éducation et les angoisses qu'elle transmet : je parle en général, pas de moi du tout )

- la nounou insupportable qui voulait être psy, puis médecin, puis qui s'est contentée d'être omnisciente (je ne parle pas non plus de ma nounou)

- tout un tas de personnes que côtoie l'enfant suffisamment longtemps pour qu'il puisse être influencé (grands-parents, maîtresse d'école, couple qui s'engueule dans la rue, boulangère méchante...)

- circonstances (cadre de vie, aléas divers, parents du genre on n'a pas compris qu'on avait un enfant ou parents du genre on a un peu trop compris qu'on avait un enfant)

- poussin lui-même (désolée, mais sa personnalité propre doit aussi entrer dans les équations, quant à savoir où finit l'éducation et où commence sa personnalité propre, c'est un autre débat, enfin pas sûr)

- divers principes et théories véhiculés depuis la nuit des temps (un enfant doit dormir la nuit, manger pour se nourrir, il faut lui dire des trucs, lui apprendre des trucs et ne pas le laisser seul même pour aller au ciné)

- des principes et théories divers et variés (c'est bien de punir l'enfant, non c'est pas bien, il faut qu'il ait un rituel avant de dormir, non pas de rituel parce que le jour où il a pas ce rituel c'est la panique, il faut laisser l'enfant s'exprimer, non à son âge on écoute c'est tout, il faut allaiter, non si on le sent pas on n'allaite pas, l'enfant sera quand même correctement alimenté, on doit laisser pleurer l'enfant pour qu'il apprenne la frustration, non mais ça va pas il a 3 heures je le laisse pas pleurer il a ptet mal quelque part)

Tiraillé entre tous ces éléments, le parent fait ce qu'il peut, avec plus ou moins d'implication, de culpabilité et d'envie du moment (bon laisse tomber, donne-lui ses 4 paquets de Tagada, j'ai envie de mater un DVD tranquille).

J'ai déjà pas mal détaillé de quel côté mon marido et moi penchions, à savoir du côté des trucs qu'il faut pas faire avec un enfant . 

J'ai choisi ma principale source d'inspiration en matière d'éducation, à savoir ma soeur qui, pourvue d'une multitude d'enfants et munie du même héritage éducatif que moi (nos parents pas du genre autoritaires...), est parvenue à obtenir une couvée de poussins particulièrement sympathiques, vifs, malins, drôles, gentils (à part une, très glamour, ceci est un test pour vérifier si elle lit bien le blog), bref des merveilles d'enfants de 4 à 23 ans avec un taux de grosses bêtises/enfant plutôt très faible. 

Ma soeur ne punit pas, ne fait pas de soupes bio, donne des gâteaux quand ses enfants en demandent, est très flexible avec les horaires, aime beaucoup la télévision et ses enfants aussi. OK, il y a un passage où sa progéniture est un tantinet expressive et autoritaire (OK maman, tu sors, mais tu me ramènes une figurine, sinon je pleure), mais tout se régule étonnement et le joyeux bordel ambiant ne nuit ni aux études ni aux relations sociales.

Je mènerais sans peine mon chemin sur les traces de ma soeur si je ne croisais régulièrement la route de ces fameuses personnes anxiogènes qui ont tout compris à l'éducation et se sentent obligées de me remettre dans la droite ligne.

Il y a celles qui ne disent rien, mais qui pensent très fort qu'on ne fait pas les choses comme il faudrait. Saoulant, mais supportable (5 mn).

Il y a aussi, hélas, les individus qui nous "invitent" à comprendre ce qui ferait de nous de bons parents. 

Par exemple, un couple vu il y a quelques jours (ouais j'ai la digestion lente).

Je disais que ma fille n'utilisait plus de poussette depuis ses 2 ans, parce que ça l'énerve d'être sanglée et de ne pas pouvoir marcher. La nana (qui bosse en crèche et a donc élevé l'équivalent de tous les enfants du globe) est outrée : t'as qu'à la forcer, attends elle a 2 ans, c'est quand même pas elle qui va imposer ce qu'elle veut. Je réponds "J'ai essayé, elle se cambre comme une dingue, j'ai pas la force et puis...". Son mari m'interrompt et démarre un interminable hiatus à mon marido et moi ambiance c'est pas l'enfant qui commande, c'est vous, vous n'en êtes qu'au début, vous verrez plus tard, ça va devenir de plus en plus dur, vous allez être dépassés, c'est pas à elle de décider, c'est vous qui devez faire ci, faire ça...

Attends, comment ça, C'EST PAS L'ENFANT QUI COMMANDE? C'est quoi ce délire? Je croyais moi que c'était toujours elle qui devait décider et que nous n'avions qu'à obéir. 

Mais alors ça change tout!!!!

Merci de m'avoir donné les clés de l'enfant bien élevé!!!!

Vous l'avez peut-être remarqué, mais généralement une fois que l'enfant a dépassé disons les 5-6 ans, les parents croient tous détenir la palme de l'éducation parfaite, à savoir celle qu'ils ont donnée. Parfois ils disent qu'ils ont "sans doute fait des erreurs" mais on sent qu'ils n'y croient pas plus que ça...

Attendez, juste un truc, cet enfant là devant nous, c'est bien le vôtre? Oui, lui, qui du haut de ses presque 9 ans ne répond jamais quand on lui parle, ne sourit qu'une fois tous les 2 ans (et encore, parce qu'il a réussi à vous piquer la sucette pleine de colorants que vous ne vouliez pas lui donner), a des réflexes de bébé gâté et fait plein de trucs en douce, on est d'accord, c'est bien le vôtre? 

Oui?????????

Bon, je vais aller me promener avec Chouquette. Je me demande si elle va préférer mettre son tee shirt gris ou son débardeur jaune. 

Ouh la, elle veut d'abord des crêpes, je vous laisse...

 

 

 

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Ce week end, mon marido et moi avions plus de 24 heures de liberté (Chouquette était gardée par d'aimables bienfaiteurs qu'elle a remerciés avec son unique accident de propreté depuis 6 mois), nous en avons donc profité pour nous extirper de la capitale et nous rendre dans l'ailleurs versaillais.

Ouais. 

Sans voiture, disposant d'un capital horaire somme toute limité, et ayant en outre la possibilité de dormir là où Clémenceau rédigea les conditions du Traité de Versailles, nous avons opté pour une nuit au Trianon Palace. 

Après une folle équipée en train Saint Lazare-Versailles Rive Droite, c'est une pluie torrentielle qui nous a accueillis sur place et nous a accompagnés pendant notre sympathique marche sur boue de 20 mn. 

18-avril 1395

Alors qu'un homme tendait les clés de sa Ferrari au voiturier, deux individus ruisselant, cheveux plaqués et vêtements trempés se sont présentés à la réception. 

Contre toute attente, les deux individus reçurent un véritable accueil de palace, sans regard méprisant ou scepticisme quant à leur réservation. 

Pour justifier notre accoutrement, nous avons expliqué n'avoir trouvé aucun taxi à la gare. Immédiatement, le réceptionniste a saisi son combiné pour que "le house-keeping nous apporte de suite de quoi nous sécher". Il nous a également proposé un rafraîchissement (mon marido s'était déjà servi) : un jus pomme-poire (les fruits préférés de Louis XIV) de ouf, pressé minute. 

Nous avons filé ensuite au restaurant de Gordon Ramsay, double étoilé Michelin.

Il y a toute une polémique sur ce resto, because le chef écossais multi-étoilé Gordon Ramsay est rapidement apparu comme un fantôme dirigeant de très loin ses cuisines, de si loin qu'il a fini par revendre ses parts et n'être plus qu'un consultant, alors qu'il se targuait de pouvoir révolutionner la french cuisine. 

Bref, c'est en fin de compte son fidèle Simone Zanoni qui officie à la conception-réalisation des plats.

Des amis ayant validé le resto, j'ai suivi leur recommandation et nous avons pointé nos fraises humides dans la jolie salle aux larges baies vitrées donnant sur le parc. 

Nous prenons le Menu Déjeuner à 85 euros : je ne dirai jamais assez à tous les amateurs de gastronomie que le repas du midi est l'occasion rêvée de s'offrir des paradis bien moins accessibles le soir (85 euros ça fait 2 Paradis du Fruit : j'espère n'avoir rien à ajouter pour vous convaincre de faire les bons choix).

La partie commence mal. Je demande une description du "Risotto vialone nano au Stracchino, truffe noire, noisettes rôties et roquette sauvage". Le grand con faisant office de serveur me considère avec effarement : "Bah, c'est un risotto..." (il ne sait quoi dire d'autre, je suis demeurée ou quoi?). Il ajoute finalement "Un risotto peut être fait avec différentes sortes de riz, là c'est une sorte, voilà, en plus c'est l'une des plus connues". Il n'est pas au bout de ses peines puisque, non satisfait des choix de desserts, mon marido demande s'ils ont "un dessert de secours". Le mec le prend alors de très très haut (à sa décharge, il est rare qu'un client n'aime ni le chocolat, ni les fromages, ni tout).

Par bonheur, nous n'avons plus eu affaire par la suite au grand con (mon marido remarque d'ailleurs qu'il ne doit pas s'agir du maître d'hôtel puisqu'il fait tout un tas de tâches subalternes ). 

Défilent en alternance "la fille au pain" qui passe les 3 heures à tourner de table en table avec un plateau contenant 3 sortes de pains (bresaola, baguette française et brioche olives-fines herbes : bof), et un serveur chargé de poser les plats en nous les détaillant (si vite qu'heureusement qu'on avait lu le menu avant). Service OK mais pas de haute volée, quoique attentif et agréable. 

Le repas se poursuit avec des points forts et des points faibles (excellente mise en bouche, risotto qui aurait pu être excellent s'il n'avait été vampirisé par les noisettes - que j'ai soigneusement évincées du coup - filet de poisson avec erreur de cuisson - cru à coeur! - mais avec une vinaigrette au basilic bien pensée, sorbet pomme-gingembre-verveine raffiné et bienvenu, cheese cake revisité version petite quenelle sur un sabayon lui-même déposé sur un genre de granité aux fraises et fraises fraîches, delicious, et enfin mignardises genre fraises tagada maison. Mon marido a pris quant à lui un "artichaut breton et foie gras mariné, crème glacée céleri rave et datte" (très bon et original), puis de l'agneau et enfin des "classiques revisités", fraisier, Paris-Brest, Millefeuille (tellement revisité que j'ai cru que c'était une tarte au citron meringuée) et poire belle-Hélène. 

18-avril 1399 foie gras

18-avril 1408 sorbet

18-avril 1412 classiques revisités

Bilan positif, pour 85 euros, de très beaux produits, de la créativité, mais des faiblesses qui valent une étoile, deux sans doute pas. 

Le reste de la journée se passa entre ne rien faire, lire, et nager dans la piscine intérieure (à seulement 29 °C). 

Avant de descendre dîner vers 22h (le temps de digérer le repas du midi), nous avons appris le décès d'Amy et décidé que nous ne partirions plus en vacances (la dernière fois, quelque chose de pas joli-joli s'était produit dans la chambre d'un Sofitel, dès qu'on bouge, un drame survient dans le monde). 

Nous avons dîné à la brasserie du chef Simone Zanoni, qui nous a bien montré qu'il ne considérait pas de la même manière son restaurant étoilé et sa brasserie (service amène et efficace, sans zèle, mais plats plus que moyens). 

De retour dans la chambre, nous avons remarqué la présence d'une balance qui affichait + 8 kgs pour mon marido (mais il pense que c'est parce qu'il avait gardé sa chemise). J'ai pas tenté, préférant garder mon innocence avant le petit déjeuner du lendemain...

Très bon petit déjeuner, avec le triptyque rêvé de mon marido à savoir jus d'orange pressé, crêpes minute (particulièrement top) et oeufs brouillés (et aussi d'autres trucs). 

Bon, ce fut le dernier repas de notre week end, nous comptons faire le prochain jeudi. 

Et nous avons enchaîné sur quelques heures de marche dans les jardins du Palais de Versailles pour nous cultiver/déculpabiliser et digérer...

18-avril 1444

Voilà pour l'escapade versaillaise qui nous aura tout de même bien dépaysés, reposés, et alimentés. 

L'issue aurait été on ne peut plus positive si je n'avais croisé les conseils d'une personnalité anxiogène à mon retour... Le genre de personnes qui vous disent comment élever votre enfant et qui vous font regretter jusqu'à votre tête à tête avec un Saint Pierre cru...

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