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Le monde dans tous les sens.

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Chouquette a eu 3 ans samedi, et nous devions à cette occasion lui délivrer un certain nombre de messages clairs et précis :

- NOUS SOMMES DE MERVEILLEUX PARENTS

- TU VAS BIENTOT ETRE LA MERVEILLEUSE SOEUR D'UN MERVEILLEUX BEBE DONT TU NE SERAS PAS DU TOUT JALOUSE

Dès la veille au soir, nous avons chaussé nos plus beaux sabots.

- Poussin, si tu ne vas pas te coucher maintenant/si tu ne manges pas la délicieuse soupe maison que je me suis fait chier à faire/si tu ne ranges pas le salon jonché de trucs que t'as la flemme de ramasser, tu n'auras pas de cadeaux demain (ah bon, vous avez lu qu'il ne fallait surtout pas faire de chantage aux enfants? ), une menace très efficace qui s'est transformée en elle a eu un premier cadeau (deux en fait, mais on pouvait pas décemment offrir l'armoire de la poupée sans la poupée) dès le vendredi ET n'est pas allée se coucher avant 23H (petit aparté pour dire que si Barbie est plus chère que Jenny, je sais désormais pourquoi).

Samedi midi, direction l'Hippopotamus, le resto dans lequel tu te dis que t'iras jamais, et dans lequel tu passes ton temps une fois que t'as des enfants (et là, tu découvres que plein de gens trouvent ça super même sans enfant, même en rendez-vous d'amur et tout et tout, les yeux dans les yeux avec un hippopotame à tee-shirt en toile de fond, ya que ça de vrai).

Au bout de 3 mn, mon marido rapplique avec 4 ballons pour chouquette (vous avez déjà mangé avec 4 ballons dont les fils flottent entre vous et votre assiette? SI vous n'avez pas essayé, faites comme tout le monde, et prenez plutôt les ballons EN SORTANT). 

Au début du repas, on a signalé l'anniv de chouquette, espérant qu'un hippopotame viendrait danser sur notre table ou, tout au moins, qu'une bougie viendrait illuminer la glace que chouquette ne mangerait pas. Finalement, alors qu'on a même oublié qu'on avait mentionné l'anniv de chouquette, tous les serveurs débarquent en même temps autour de notre table en hurlant bon anniversaire, avec bougies scintillantes and co. Chouquette est effrayée (elle est habituée aux repas feutrés et conversations murmurées, vous comprenez), elle n'en mène pas large sur le moment, même si après elle fera genre "c'était rigolo", nous on a bien vu qu'elle rigolait pas du tout. 

Pour les cadeaux, nous avions opté en toute subtilité pour la thématique :

C'EST SUPER DE S'OCCUPER D'UN BEBE.

Une poupée avec un kit pour la bichonner (genre couches, biberons, hochet, etc., oui, comme pour un nourrisson), une pseudo Barbie enceinte (avec un gros ventre qu'on peut tourner et hop on prend le bébé dedans en 1 seconde sans contractions ni péridurale, puis on tourne une nouvelle fois, et hop, retour au ventre plat, un concept dont je compte parler au professeur Frydman dès que je le verrai), et une petite boîte de Playmobil avec une maman s'affairant en cuisine pendant que son bébé mate son mobile à nuages depuis son lit (c'est hyper mignon un bébé Playmobil, en plus ça ne pleure pas, et ça fait tout de suite ses nuits). 

Lourd? Certes. Enfin, yavait autre chose de prévu, mais on s'est dit que ce serait une bonne idée de cadeau à offrir à chouquette pour... la naissance du bébé (oui, on va lui faire le coup du "regarde, ça alors, le bébé t'a préparé une belle surprise, comme il est gentil, comme tu vas l'aimer et être tout le temps sympa avec lui, C'EST SUPER D'ETRE UNE GRANDE SOEUR, comme tu as de la chance").

Et comme on est merveilleux, on s'est aussi farci un spectacle pour enfants.

Tchoupi au Casino de Paris.

Bon, je ne suis pas sans connaître la polémique qui entoure Tchoupi.

J'ai une copine qui dit que Tchoupi c'est nul il fait que des conneries.

J'ai une libraire qui dit que jamais jamais elle ne vendrait de livres de Tchoupi ("je ne fais pas ce genre de chose). Dans notre quartier, même les livres pour enfants doivent être bobos, et Tchoupi il est grave pas bobo. 

Bref, nous avons rasé les murs avec des perruques et nous étions à l'heure au pesctacle.

Des nuées de parents (et d'enfants, je vous rassure) se dirigeaient manifestement vers le super show de Tchoupi et tous ses amis, ils étaient faciles à reconnaître : "Chéri, tu crois qu'il y aura Didou? Tu es content de voir Tchoupi en vrai", "Oh c'est super, regarde, il y a Lalou et le papi de Tchoupi sur la belle affiche, on va bien rigoler!".

Au prix des billets, j'espérais que nous repartirions au minimum avec une peluche d'un mètre de chacun des personnages. 

Nous prenons place, tous les enfants sont sur des rehausseurs, sauf une, qui est beaucoup mieux sur les genoux de son père (on est contents d'avoir payé 3 sièges). L'oeil juvénile de mon marido est attiré par les spirales lumineuses qu'agitent des mômes (il en veut une, enfin il dit que chouquette en veut une). Je dis "non, pas maintenant", et me félicite de ma décision quand je vois que tous les enfants à spirale passent l'intégralité du spectacle à mater leur objet de lumière plutôt qu'à regarder ne serait-ce qu'une seconde les activités tchoupiesques (pourtant fascinantes, croyez-moi).

Au bout d'une heure, l'entracte permet à chacun d'acheter des spirales avant de reprendre place pour... 6 minutes de spectacle. Je crois qu'il n'ont pas bien compris le concept d'entracte.

C'était l'anniversaire de la maman de Tchoupi et il fallait lui organiser une belle surprise. Les amis de Tchoupi, son papa, sa mamie, tout le monde a participé, et malgré le suspens à la limite du supportable, la surprise fut réussie et la maman ravie! J'ai bien aimé quand Tchoupi a dit qu'il voulait préparer pour sa maman "le gâteau au chocolat de mamie, il est si bon". Son père a dû appeler ses grands-parents (mais mon chéri, papi et mamie sont en Australie, et ce sont eux qui ont la recette du gâteau!), il est tombé sur leur répondeur :"Bonjour, nous sommes sortis pour aller voir des kangourous. On vous embrasse bien fort, nous serons de retour dans 20 minutes. A très bientôt!" (si vous cherchez des idées pour vos messages de répondeur, foncez voir le spectacle). 

Mon marido a commencé à piquer du nez, c'est dommage, il a raté le meilleur moment (je ne vous dis pas lequel, je sens que je vous ai donné envie d'aller voir par vous-mêmes).

Demain, j'amène à Nadine (sa maîtresse) de quoi fêter l'anniversaire de chouquette. J'ai demandé quoi prendre à son assistante (j'ose pas parler à Nadine), elle m'a dit de faire plutôt des gâteaux maison, et sans crème (zut, je comptais prendre 30 Ispahan chez Pierre Hermé... Et moi qui pensais que la crème c'était pratique dans une classe de maternelle). 

Voilà, maintenant que tout est en place, il me reste un peu de temps pour apprendre à chouquette comment réagir quand bébé pleure la nuit (Tu vas chercher le biberon, tu mets 90 ml d'eau puis la poudre), comment mettre le serum phy, où trouver le Doliprane en cas de fièvre etc.

En espérant qu'elle n'ait pas fugué d'ici là. 

 

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Petit rappel : alors que nous avions trouvé une nounou-femme de ménage originale certes, mais répondant à la grande majorité de nos critères, celle-ci a dû déménager loin de chez nous, rendant toute flexibilité impossible. 

Sandra, la nounou actuelle, partagée entre la culpabilité de nous lâcher au plus mauvais moment et le regret de partir parce qu'on était bien gentils quand même, s'est mise en quête d'une remplaçante.

Nous avons donc pour l'instant eu droit à la visite d'une lamentable molle tige de 18 ans et puis, samedi dernier, une nouvelle rencontre était prévue. 

La dame : sage-femme de formation, 50 ans, 2 grands enfants étudiant à l'étranger, vivant seule, habitant pas loin, hyper flexible, et femme de ménage dans des bureaux. Alléchant, non?

La nana (une dénommée Luisa) avait prévu de venir avec Sandra pour que celle-ci lui indique le chemin, ce que j'ai refusé, elle devait pouvoir se débrouiller seule pour trouver ma rue hyper centrale. Et surtout, je trouvais plus probant qu'elle fasse la connaissance de chouquette en même temps.

Sandra : Ok, elle dit que elle viendre samedi entre 10 et 11h.

Moi : Je préfère 11h.

11,12,13h,14h... : no news.

J'appelle Sandra : Luisa n'est pas venue. 

Sandra l'appelle et me rappelle : Luisa dit qu'elle bien venir ce matin, mais pas trouver le chemin à St Lazare et elle repartie dans sa maison.

Putain, elle est demeurée ou quoi? Elle ne pouvait pas demander à quelqu'un ? Et elle ne pouvait pas prévenir?

Elle dite que pas avoir crédite dans son téléphone. Mais si vous voulez elle pouvoir venir avec moi à 18h.

Ok.

17h30. Sandra m'envoie un sms "Elle viens pas aujourd'hui".

Sandra vient samedi soir garder chouquette. Comme sur le papier la Luisa avait l'air bien (et surtout parce que ça se bouscule pas au portillon), on décide de lui laisser une dernière chance. Sandra lui téléphone devant moi. Elle sera là dimanche à 18H, faut de quoi elle peut nous oublier définitivement. 

Dimanche 18h, 18H30, 19h... Elle ne vient pas. J'envoie un sms rappelant notre adresse. No news.

L'affaire est pliée.

Et puis, contre toute attente...

Lundi 8h30 : on sonne à la porte.

"C'est Luisa".

Putain nan mais je rêve elle déboule sans prévenir et sans rendez-vous, alors que j'avais bien dit que le matin no way vu que chouquette n'est pas là et que je veux pouvoir prendre ma douche, mon ptit dej and co tranquillos.

Elle monte (après avoir mis une heure à comprendre comment ouvrir la porte). 

Je l'accueille avec un "vous deviez venir samedi, puis dimanche, pas de nouvelles. Et là, vous tombez mal, je pars dans 5 minutes."

Elle ne s'excuse pas, dit qu'hier elle a prévenu Sandra (cette dernière manquera plus tard d'exploser d'énervement, quelle mytho la Luisa).

Bref, on fait un semblant d'entretien. 

Je lui dis qu'on a un peu peur de laisser deux enfants à quelqu'un qui ne vient pas aux rendez-vous et ne sait pas demander une adresse.

Elle dit : Je suis très responsable dans mon travail, en 3 ans, je ne suis jamais arrivée en retard. Là c'est parce que c'était la première fois. 

Je commence à expliquer ce que je recherche (adaptabilité, discrétion et tutti quanti)... Elle m'interrompt.

- C'est combien d'heures par semaine?

Je réponds et reprends mon laïus "Non parce que vous comprenez, chouquette va à l'école, et..."

- ça fait combien à la fin du mois ?

Ok, surtout ne fais pas semblant de t'intéresser à ma vie mon oeuvre. C'est pas comme si t'étais à un entretien d'embauche.

J'ajoute que je veux quelqu'un de discret (un traumatisme lié à une ancienne nounou). Elle roule les yeux, fais des trucs chelouds : elle ne sait pas ce que signifie ce mot (on aurait gagné 5 mn si elle m'avait dit "Je ne sais pas ce que ça veut dire"). J'explique. Elle dit (d'un air hautain, comment puis-je penser qu'elle va vouloir se mêler de ma pov life) :

ça ne m'intéresse pas ce que vous faites. Mon travail c'est mon travail. 

Ok, et je sors ma fameuse question.

Vous aimez jouer avec les enfants?

Elle n'a jamais vu quelqu'un d'aussi teubé que moi. Nouveau roulement d'yeux.

Je reformule.

Elle s'énerve : "Je vous ai dit que j'étais très responsable dans mon travail". (on t'a déjà dit que t'étais très sympatique toi?)

Après, mes questions sont manifestement tellement débiles (vous savez faire ci? est-ce que vous acceptez de faire ça?) qu'elle ne répond même plus, et pousse de grands soupirs, genre mais oui je sais tout faire, c'est clair ou pas? (cf je suis très responsable dans mon travail). 

Puis, elle s'embrouille au sujet de son boulot actuel.

Ouf, mon marido arrive. A peine la porte franchie, je lui dis "On doit y aller, non?" (on avait vraiment un rendez-vous mais mon empressement était explicite). 

Bon, si vous connaissez quelqu'un... 

 

 

 

 

 

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Je m'apprêtais à vous faire un billet sur une nounou que nous devions caster samedi, mais après deux faux plans successifs (samedi puis dimanche, on lui a laissé une nouvelle chance), nous avons jugé plus responsable de ne pas prendre une nana qui n'est pas foutue de venir jusqu'à chez nous (une rue que tout le monde connaît), ni de prévenir qu'elle ne viendrait pas. 

Sinon... Pour notre brunch mensuel, Pup et moi avons cette fois mis le cap sur une formule "non-buffet + non-table de 2".

Nous avons donc atterri chez Tartes Kluger, une "fabrique à tartes" située dans le quartier ultra bobo (enfin, plus bo que bo) du Haut-Marais, vers la rue de Bretagne. 

Le concept : un ancien atelier transformé par une ex-avocate en snack-épicerie-traiteur bio-branchouille.

L'emplacement : face au resto-cantoche non moins branchouille Nanashi (version bis de celle de la rue de paradis) dans une ruelle ancienne fort avenante.

A 11H30, on franchit une entrée d'immeuble : c'est la porte de la boutique.

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Face à nous, une longue table d'hôtes à droite et une à gauche. C'est tout. Au fond, la cuisine ouverte comme il se doit chez les bobos.

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Pierres apparentes sur les murs, étagères remplies d'épicerie bio avec des présentoirs genre je viens de rentrer du verger.

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Le service est mené par une grande tige (c'est la semaine des tiges) qui officie - mal -en solo. Elle ne comprend pas tout, et ne sera définitivement pas une raison de revenir. 

Pup est très mécontente de la largeur de la table (on est à 500 mètres l'une de l'autre), c'est pas le grand confort, mais manifestement, vu la rapidité du service, l'idée n'est pas que les gens aient envie de rester des heures.

Une ardoise présente le brunch : boisson chaude, jus de fruits pressé, scone et pain aux céréales, assiette salée, assiette sucrée. Je note des différences entre ce qu'indique l'ardoise et ce qu'on aura au final dans l'assiette (par ex, une salade de fruits à la place de la glace maison annoncée), mais la serveuse n'a pas jugé opportun de nous prévenir (il s'agirait pas de perdre du temps).

Alors que nous discutons allègrement dans ce lieu à l'ambiance inexistante, on nous amène le scone et le pain chauds (deux tueries, avec une mention spéciale pour le scone qui aurait mérité d'être testé en plusieurs exemplaires). A table, des confitures (nom et description dans une langue étrangère non traduisible par nous), du beurre et de la confiture de lait pour accompagner le scone et le pain (perso, j'ai rien aimé des accompagnements, mais pour ceux qui aimaient, c'était très bon).

Nous optons toutes les deux pour le chocolat chaud (divin) que la magic serveuse a la bonne idée de nous amener en même temps que l'assiette salée (courgettes et chocolat, ça vous dit?).

L'assiette salée (froide, à part la tarte) : un genre de gentille ratatouille sans intérêt, un très bon taboulé boulghour-coriandre, un bon mesclun et, au choix pour la tarte, courgettes-féta (avec un petit crumble au parmesan dessus, delicious) ou poulet-curry. 

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C'est frais, et, moyennant un petit complément d'assaisonnement, bon. Surtout, la tarte est vraiment une réussite, tant en terme de garniture que de pâte (le contraire eût été difficilement excusable pour une "fabrique à tartes" mais tout est possible). 

La dernière tomate avalée, la serveuse nous demande si on veut l'assiette sucrée maintenant (on dit non, mais elle l'amène quand même dans la foulée).

L'assiette sucrée : un yaourt fermier, un granola maison (mais non, pas le gâteau), une salade de fruits et une part de tarte (au choix chocolat ou prune). 

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Là encore, les tartes présentent un fort intérêt textural et gustatif (manque de prunes cependant, et l'ensemble des tartes est à bannir pour qui n'est pas très beurre-friendly). 

On aurait bien aimé une tasse de thé à associer avec les tartes.

La serveuse nous invite ensuite à changer de place pour nous coller à nos voisins (la meilleure place, celle où on peut discuter avec un poteau), mais ça sent le traquenard du en fait je dis ça pour que vous dégagiez.

On dégage, non sans avoir prévenu que le moisi dans la confiture, là, c'est normal? (elle reprend la confiture et voilà, on va pas en parler pendant 3 heures).

Brunch éclair pour nous qui nous retrouvons rue de Bretagne un peu avant 15h.

Rapport qualité prix: 25 euros la prestation ça les vaut (pas plus) parce que c'est bon, les ingrédients sont bio, de qualité et frais. Mais on aurait aimé un peu plus de ci, et un peu moins de ça (enfin, surtout plus de ci). 

La belette et Pup ont adoré : les tartes, le chocolat chaud, le scone 

La belette et Pup critiquent : les tasses mal lavées, le moisi dans la confiture, le service peu engageant, l'absence d'ambiance

Bilan calorique : pas dramatique, repas plutôt équilibré, et on reste capables de manger le soir (enfin, nous, mais on est plutôt exercées). 

A conseiller cependant, mais la prochaine fois, on renoue avec le concept buffet-table de 2...

Tartes Kluger, 6 rue du Forez, Paris 3è, brunch table d'hôte en formule servie à table, 25 euros, 01 53 01 53 53

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J'ai récemment croisé une bloggeuse que je pensais tenir un blog de maman, mais qui se consacre en réalité à la Beauté.

Je reconnais qu'en la voyant, je n'ai pas immédiatement fait le rapprochement (bouh la mauvaise).

Et puis, par curiosité, je suis allée jeter un oeil au blog en question, et j'ai découvert le monde foisonnant des BLOGS BEAUTE. 

Des filles écrivent chaque jour sur un sujet qui les passionne : le maquillage et les cosmétiques. Je ne les juge pas, même si je reconnais que mes passions sont autrement plus inventives et altruistes (Les Feux de l'Amour, Le Journal de Mickey ou encore la lutte pour le retour sur scène de Michèle Torr - Ségolène nous a d'ailleurs rejoints dans ce combat, elle a du temps maintenant).

En maquillage, il y a des tendances. Par exemple, cet été, il fallait arborer cinq couleurs de vernis par main (non, pas une déclinaison de rouge, ou de rose, mais genre jaune, turquoise, orange, vert et gris : si vous trouvez ça immonde, je crains que vous ne vous soyez out of the system les amis). 

Ces filles sont accro aux cosmétiques et au maquillage, elles nous dévoilent leurs coups de coeur, leurs astuces et leurs tests de produits. Cette semaine, pleins feux sur la marque d'hygiène intime Saforelle qui lance un concours (elles ont dû toutes trouver un angle pour aborder la question du ça pue là-dedans, et c'est assez marrant). 

J'ai parcouru pas mal de blogs, et je dois avouer qu'aucun titre ne m'a donné envie de cliquer. 

"L'or, l'or, l'or, j'adore" (pas moi)

"Halloween en savons" (ridicule)

"Soyons glitter" (ou pas)

Pour un test de gel douche, nous avons droit à 5 photos : le packaging, la texture, la mousse, la peau avant, après... Alors que tout était dans le titre : "XXX, le gel douche qui ne tient pas ses promesses" (Ok, c'est nul, produit suivant, merci).

Certaines écrivent l'équivalent d'un chapitre proustien (en nombre de signes) pour résumer leur rencontre avec telle crème ou tel sérum. Je pourrais le faire aussi, mais uniquement pour une crème caramel (ou brûlée, mais il faut pas trop me chercher sur le sujet).

Là encore, je ne les critique pas, parce que je sais que LE VERITABLE PROBLEME, C'EST MOI.

Je serais bien embêtée si je devenais une star internationale demain (ça reste encore possible, j'ai une amie très influente dans le milieu des maîtresses d'école). Comment décrire ma trousse de beauté? Nan parce que les nanas, elles cumulent 35 produits/jour, le sérum pour avant de mettre la crème qui fait du bien aux yeux qui piquent, le soin biomachin au miel de Tunisie pour quand j'enchaîne les interviews, l'huile nourrissante à la ciboulette de chez Kiskiki que je me ramène spécialement du Japon pour après la douche, le masque spécial que je mélange au sérum que je mets avant la crème des yeux...

Environ 60 étapes par matin, idem le soir, pour, il faut le reconnaître, un résultat trop souvent équivalent à la crème basique Nivea (parfois même, la peau se venge de ces mauvais traitements en offrant boutons et rougeurs à l'étonnée beauty addict qui du coup doit s'acheter une centaine de nouvelles crèmes).

Je me contente donc pour ma part du cocktail beauté suivant, que je réserve aux seules lectrices de ce blog.

EAU AVEC PLEIN DE CALCAIRE + CREME HYDRATANTE PAS CHERE.

Une recette à n'appliquer qu'une fois par jour, déjà que c'est chiant.

Les esthéticiennes m'adorent : "Bon, je vous le dis tout de suite, c'est pas la peine de me parler de vos produits, je les achète et après je ne les mets pas, donc maintenant je n'en achète plus". (là, elles tentent toutes -elles ont des primes par crème vendue - un "Vous devriez quand même...". Mais je résiste.)

Côté maquillage... Au quotidien, mon marido hurle à la mort parce que je ne mets... rien. Les quelques fois où je me déguise en fille, je sors une panoplie minimaliste, mais du coup mon marido est soit choqué "T'es hyper maquillée là, non?, soit hyper fier de ne pas se balader avec une nana de 11 ans "Vous avez vu, c'est quand même 100 fois mieux quand la belette est maquillée, hein? Ce à quoi les gens répondent généralement non, ou "ça change pas grand chose", et il est bien embêté. C'est pas demain qu'il sortira avec Dita Von Teese (enfin, un ersatz d'ersatz d'ersatz d'ersatz).

En y réfléchissant, je crois que la véritable responsable de tout ça, c'est ma mère, dont le kit beauté s'est toujours résumé à la boîte Nivea bleue, et dont les premiers signes -très légers - de maquillage ont dû apparaître vers les 60 ans.

L'avantage, c'est que je peux utiliser le budget beauté à d'autres fins bien plus utiles (eh oui, je pense à mon Prochain), comme tester des brunchs, restos, boulangeries, crèmeries, épiceries...

Je pense aussi à tout ce temps que je gagne (c'est qu'il faut les laisser poser, ces onguents magiques), toutes ces heures que je mets à profit pour voir Top Chef ou lire des blogs culinaires, c'est pour vous que je le fais.

Là encore, c'est de la faute à mes parents si je demandais (et finissais) des menus dégustation à 5 ans, au lieu de prendre des frites et des nuggets comme tout le monde.

En ce moment, j'entends chouquette dans son bain, elle est en train de préparer une soupe. "Alors, je mets des courgettes, des carottes, du FOIE GRAS, des petits pois...".

Bon chouquette, tu tiendras peut-être pas la rubrique Beauté de Elle, mais tu seras la digne fille de la belette. Et en plus, tu chantes bien une souris verte.

 

 

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Avant de vous laisser parcourir le QUESTIONNAIRE DE L'IMPOSTEUR auquel a bien voulu répondre Jeanne de chez Stéphane, un petit point sur les votes pour le sous-titre de ce blog. 


Voici les 3 propositions ayant récolté le plus de suffrages :

- La minute inutile de la Belette

- Posture et impostures d'une belette

- La Belette au pays des blaireaux

Vous êtes invités à faire votre choix...


Voilà, sinon :

Jeanne de chez Stéphane a répondu au Questionnaire de l'Imposteur. Bilan de la Belette juste après.


Quand as-tu eu le plus le sentiment d'être imposteur?
Quand j'ai dit au dentiste que non, non, je n'avais pas mal alors qu'il était en train de me torturer.

Si tu devais prendre la place d'une personne connue, ce serait qui et pourquoi?
Sûrement Jean-Bernard Pouy. Assurément pas pour le physique (je viserais plutôt Isabella Rossellini), mais pour sa vie, son oeuvre. Il a juste l'air de s'éclater à faire ce qu'il aime avec ses potes. Une fois qu'il a écrit, les gens sont contents de le lire. Le top.

Quelle est l'imposture passée ou présente dont tu es la moins fière?
Quand j'ai fait croire à la caissière que j'avais évidemment vu qu'elle m'avait rendu trop de monnaie et que j'étais sur le point de lui rendre. Dommage.

Peux-tu nous citer des imposteurs de ton entourage ?
Ma mère et ma soeur: elles associent imposture, culture et mauvaise foi, cocktail mortel! Ma fille est en bonne voie mais elle est encore très jeune. Mon fils ne montre aucune prédisposition.

Quel genre d'imposture t'énerve le plus?
Les impostures ratées, rien de plus pathétique. Mais très proche de la sublissime imposture: celle dont on sait que l'autre n'est pas dupe mais qu'il ne pourra jamais rien dire.

Qui est pour toi le plus grand maître de l'imposture?
Ma mère, sans hésitation. Elle excelle dans l'art de l'omission et de la manipulation. Mais avec l'âge, j'ai deviné une partie de ses secrets. Jubilatoire!
Est-ce que les imposteurs sont tous de pauvres bouffons (si t'as répondu la belette à la question précédente, merci de mettre "bien au contraire" à celle-ci)?
Oh, non... L'imposteur est un maître de l'illusion. Une belle imposture, ça se mérite.

Est-ce que tu considères que tu as des progrès à faire en matière d'imposture?
Largement, mais quand je mesure le chemin parcouru depuis l'innocence enfantine... C'est pourquoi je lis assidûment le blog de la Belette.

Est-ce qu'il y a dans tes réponses à ce questionnaire une forme d'imposture?
Monstrueuse. Mais ne suis-je pas la fille de ma mère.

Le bilan de la belette :

- Jeanne de chez Stéphane n'a jusqu'à présent pas exploité le potentiel d'imposture que lui a légué sa mère, alors que sa soeur a fait fructifier son héritage à merveille.

- Le mensonge au dentiste comme haut fait d'imposture montre que la marge de progression est considérable.

- Cependant, la cause de Jeanne de chez Stéphane n'est pas perdue, puisqu'elle reconnaît une lecture assidue de ce blog, et place l'imposture à sa juste place : cruciale.


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Par un mystère dont seuls les marketeurs détiennent les clés, j'ai été conviée hier matin au "Noël Magical Tour des tendances" organisé par Toys'R Us.  

L'objectif : réunir des bloggeurs afin de leur présenter les tendances jouets pour ce Noël. 

La finalité (évidente, mais bon) : que ces mêmes bloggeurs allèchent leurs lecteurs avec l'offre rutilante de Toys 'R Us.

Quand j'ai reçu l'invitation de l'agence de communication, une question m'est aussitôt apparue :

Pourquoi moi?

Non, parce qu'une lecture ne serait-ce que d'un ou deux billets de ce blog devrait suffire à dissuader de choisir la belette comme porte-voix...

Enfin, ils ont pris le risque (ou n'ont pas pris la peine de lire le contenu..., oui ya un contenu), et j'y suis allée (j'en profite pour répondre à une question que se pose sans doute Chipie Chic, à savoir, quel était le but de ma manoeuvre? Eh bien, rencontrer d'autres bloggeurs, en savoir plus sur les tendances jouets -mon côté grand reporter - voir se dérouler une "opé marketing" et très accessoirement bien sûr, profiter des cadeaux qu'on nous a annoncés - Chouquette a 3 ans la semaine prochaine...).

Bref, à 8H45, je pointais ma belette face avenue de Friedland où stationnait une navette en charge du transport des bloggeurs.

On me remet un badge Toys'R Us avec le nom de mon blog.

Je découvre en parlant avec les uns les autres qu'entre bloggeurs on s'appelle par nom de blog, ce qui, vous en conviendrez, relève d'un surréalisme plutôt comique.

Non, parce que tu vois, j'en discutais avec Jaidesuperplans, et Mèrecourage, et elles étaient d'acccord avec moi. Ah tiens, je la connais elle, elle était à la soirée de Joliefille et Papapaimeparis. 

Inutile de vous dire qu'en tant que Mesimpostures, j'avais l'air super con (salut, moi c'est Mesimpostures, et toi?).  

Assez rapidement, je me sens cependant parfaitement à ma place comme imposteur, puisque tout le monde a un blog de maman, de bons plans, ou sur Paris. Moi? Euh plutôt une version mauvais plans, mauvaise mère et mauvais côtés parisiens...

Dans la navette qui nous emmène au magasin de la Défense, je discute avec mes voisines. L'une d'elles est guide-conférencière et nous offre un trajet culturel (les rois avaient fait jadis construire un imposant chemin en ligne droite pour aller tranquillou du Louvre où ils vivaient jusqu'à leur terrain de chasse situé derrière la bute de la Défense : je me sens alors comme une reine en calèche, plutôt que comme une bloggeuse en mini-bus, et ça me correspond mieux). 

Une bloggeuse est venue avec son bébé et sa fille de deux et demi. Ouaouh. Comment je serais pas venue à sa place. Au début, c'était easy, son fils en écharpe de portage, sa fille je bouge pas-je moufte pas. Et puis... la fille commence à tout toucher dans le magasin, et le bébé se met en mode braillage continu. Je me sens mieux.

Dans le magasin, nous sommes accueillis par la - charmante - directrice marketing France de Toys'R Us qui, après un petit rappel des origines de la marque (1950), du "on a des milliers de boutiques, on est les rois du jouet dans le monde, on est des passionnés, mais aussi des experts", nous offre une visite guidée du magasin (immense, parcours incompréhensible) en pointant les tendances.

En voici quelques unes (j'ai pas tout retenu, je choisissais des jouets pour Chouquette en même temps) :

- "Il faudra encore compter avec Zhu Zhu Pet. Zhu Zhu Pet n'est pas mort" (NDLR : un hamster qui bouge)

- La Barbie fait son come back, après avoir été éclipsée par ces vulgos de Bratz (eh oui, Barbie c'est la classe, elle est pédiatre, vétérinaire ou pilote d'avion, elle se marie, pendant que Bratz mène une existence vaine sur ses plateforme shoes). 

- Des mini-Coopers ("les mêmes que maman") électriques à 150 euros, "prévenez bien vos lecteurs qu'elles vont s'arracher à ce prix-là".

- Les héros gothiques font leur apparition. Genre barbie fait un môme avec Dracula. On nous dit que les méchants s'humanisent et deviennent sympas (oui mais alors, ya plus de méchants?). 

- les peluches n'ont plus la cote. Sauf interactives (le chien qui va chercher l'os qu'on lui a lancé, le cheval qui galope).

- On électronise tout (peluches, jeux de société...), et parallèlement on nous parle d'un retour de la simplicité (mais bon un ballon ça rapporte moins qu'une souris qui fait des galipettes).

- On multiplie les trucs pour faire comme les grands, genre faux I-pad (quel intérêt quand les parents en ont un vrai?)

- retour des activités traditionnelles et du fait maison (mini machine à coudre Singer, quelle idée alors qu'aucune maman ne sait s'en servir, métier à tisser...)

- "La déferlante princesse est en marche" : ça c'est du scoop. Depuis quand les petites filles s'intéressent aux princesses? 

- On n'en peut plus d'Hello Kitty qui glue tout le monde (Monopoly, Barbie, les ordinateurs...), bon ça c'est ma tendance à moi.

- En gros pour la plupart des trucs, tout le monde copie tout le monde (tendance immémoriale)

- Pour les jeux de société, on tourne toujours autour des mêmes trucs (si un jour quelqu'un a une idée très originale, fortune en vue)

- Chez Toys'R Us ya plein d'exclusivités, "dites-le bien à vos lecteurs" (je fais tout ce qu'on me dit).

- Grande mode des maisons de poupée, même les garçons s'y collent (oui, apparemment, la société va dans ce sens). On nous en montre une, 120 euros, ambiance carton et ascenseur qui "coulisse" (enfin, pas à la démo, on comprend vite que l'on risque de piétiner d'hystérie la maison du bonheur dans les 10 minutes qui suivent son montage).

Enfin, voilà, en gros.

Ensuite, direction le ptit dej. Je discute avec Mademoisellebonplan et Petiteparisienne, ainsi qu'avec Lesfilleselectriques.

On nous donne le "cahier de tendances de Noël 2011" normalement destiné aux journalistes.

Ainsi qu'une carte cadeau. 

Au final, expérience rigolote. Mais j'ai mis un point d"honneur à n'acheter aucun des jouets "tendance" (bon, si, ptet quelques Playmobil et l'arbre-maison que toutes les petites filles s'arrachent...).

Le coût des jouets reste la plupart du temps indécent (bon, j'ai ptet acheté quand même une poupée Corolle...).

En achetant les cadeaux pour chouquette, je me suis surtout dirigée vers des jouets qui me plaisaient petite (Quoi??? Vous ne faites plus de poupée Tinie????).

Je suis pas du tout tendance comme meuf.

 

 

 

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Je commençais à m'habituer à ses "Je dormir und je venir être importante pour moi être là ".

Il n'y avait plus de traces de pas dans la douche ni de serviette trempée quand nous rentrions de soirée.

Chouquette était parvenue à établir avec elle le rapport qu'elle entretient avec chacun (excepté  sa maîtresse Nadine), à savoir un mélange de docilité et de tendresse : "Tu me laisses tranquille." "Je veux du lait. Tu vas le chercher. Maintenant." "Va-t'en, je dessine".

Des sous disparaissaient régulièrement, mais cela ne me posait plus problème car ils réapparaissaient après des "Je prendre je merci beaucoup je ramener".

Et puis, Sandra, la nounou-femme de ménage, me dit :

- Je gros problème, je trouver grand appartement à Clamart, c'est très très bien pour mon fils et mon copain, a beaucoup de place, mais c'être très loin.

- Ah ouais putain ça va pas le faire, putain (NB : le double usage du putain est fondamental dans ma rhétorique quotidienne, il me permet d'asseoir ma pensée). Donc vous ne pourrez plus rester le soir, et ça m'arrange pas des masses.

- Je sais, und je être très triste, je beaucoup aimer être ici, vous tres gentille (tu m'étonnes, moi surtout être très pigeonne) , je pas vouloir partir ma impossible trouver autre appartement. 

- ça me fout dans la merde vos conneries. C'est pas grave, ne vous inquiétez pas, c'est vraiment mieux pour vous, une chambre de bonne à 3 c'était un peu juste. 

- Une amie parler moi d'une personne très bien pour faire ménage et garder chouquette, vous pouvoir rencontrer elle, ma faites comme vous voulez. Moi pas connaître elle. 

- Ouais bah ok. 

- Elle avoir 18 ans, oui très jeune, mais elle avoir bébé deux ans, et habiter avec ses parents à 18 mn d'ici et accepter faire ménage.

Débat avec mon marido, 18 ans c'est pas possible, mais si regarde machin et truc, elles sont hyper mûres, mais non, mais si, bon je la rencontre demain et je jugerai.

La rencontre a donc eu lieu aujourd'hui. 

Dans la rue, je vois deux filles marcher à côté de Sandra, une grande tige molle, et une plus petite tige à cheveux mal décolorés. Putain c'est qui la deuxième? Mauvais point (si elle rapplique avec une copine, c'est mauvais signe). 

Finalement, la petite tige, c'est la mère (très très mauvais point). Elle me dit qu'elle peut rester attendre en bas, si je préfère. Je mets à profit mes différentes expériences nounouesques et j'affiche d'emblée mon antipathie. 

- J'aurais préféré que votre fille vienne seule, parce que vous ne serez pas là à chaque fois (la mère sourit, mais j'ai vu qu'elle n'avait pas compris la pertinence du propos). Mais bon, puisque vous êtes là, restez vous peler 2 heures dehors, montez (je suis à l'apogée de mon antipathie sur le mot "montez" : que ce soit clair, je vais pas me faire avoir à chaque fois sur le squat familial à la maison). 

La mère part dans la cuisine avec Sandra, tandis que la molle tige s'asseoit sur le canapé.

J'explique mes souhaits, notre non-fonctionnement, ma quête de flexibilité absolue et tout et tout. Elle opine mollement du chef. 

- Vous avez donc une fille de 2 ans?

- Oui, je l'ai eue à 16 ans.

- Le papa vit avec vous et vos parents c'est ça (c'est indiscret, mais je dois savoir qui viendra s'incruster chez moi en mon absence)?

- Non, il est au Portugal (la mère me dira après que le papa est définitivement hors circuit).

- Vous habitez Nanterre, ça risque d'être compliqué si vous rentrez tard le soir.

- Non, ma tante habite à 5 mn d'ici.

- Même si je vous fais rester tard 3 fois dans la même semaine? 

- Oui (mou).

- Vous aimez jouer avec les enfants, vous lisez des histoires à votre fille (ouais, j'ai la palme des questions cons)?

- Oui (de plus en plus mou). Elle est très intelligente (je cherche encore le lien).

- Et vous avez déjà fait des ménages?

- Oui, un peu.

- Et le repassage, ça va?

- Oui (sa mère a dû lui dire de toujours répondre oui), j'ai déjà repassé des chemises de mon père.

- Pour le ménage, je ne serai pas derrière vous, vous faites comme si c'était votre maison, vous vous organisez.

- Ah, d'accord. Oui (liquide). 

- Et sinon, vous emmenez parfois votre fille au square?

- Oui, je l'ai déjà emmenée.

Ouh la, je sens que t'es la reine des activités avec un enfant.

Bon, je vous épargne la suite de ce passionnant et convaincant dialogue.

J'emmène la molle tige visiter l'appart, pour voir ses réactions.

Aucune réaction.

Devant la machine à laver, je lui demande si elle a l'habitude de faire des machines. Elle répond :

- On met 30 ou 40 c'est ça?

- Bon, et tu connais les produits qu'il faut utiliser pour le ménage?

- Je peux demander à ma mère.

Sur ce, Chouquette rentre de l'école et aperçoit la compagnie des tiges.

- Vous êtes pas mes copines!!!! C'est pas votre maison! Partez!!!

She's so cute.

Bien, bien... Je dois leur signifier qu'il est temps de partir.

- Bon, je ne vous cache pas que mon marido trouve que 18 ans c'est très jeune (comment ça fait du bien d'être lâche). Je vais encore voir une ou deux autres personnes et je vous donnerai ma réponse.

En face, la déception est immense, mon hésitation n'était pas au programme.

Je les raccompagne, m'apprête à fermer la porte, quand... La jeune tige me claque la bise pour me dire au revoir.

Un très grand moment.

La suite... samedi. 

 

 

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Parfois, les autres exigent de nous la vérité. 

Une personne nous conjure de délivrer notre sentiment sur quelque chose qui la concerne de très très près.

Elle veut savoir ce qu'on pense de ce qu'elle vient de créer (un tableau, des écrits, une ligne de vêtements).

Elle exige qu'on lui dise SINCEREMENT LA VERITE QU'ELLE ATTEND. 

Quand notre sincérité correspond à la vérité attendue, tout le monde est hyper content.

- J'ai adoré. Sincèrement. C'est génial tes photos d'art vertes.

- C'est vrai? T'es sincère?

- Ouais. Sincèrement. Vraiment.

- Franchement, sois sincère.

- Non mais sincèrement, c'est vraiment génial.

- Sincèrement?

- Ouais, sincèrement. 

(la conversation tourne en boucle pendant des heures avec 3 mots, on est hyper fier d'avoir un ami artiste de talent, la personne est hyper fière d'être l'ami artiste de talent en question). 

Cependant, quand on trouve la production artistique complètement ratos, on doit déployer un vocabulaire plus fourni, s'octroyer la possibilité de se vautrer dans la périphrase, et surtout trouver le moyen de DIRE SANS DIRE.

Plusieurs options :

- la personne est excessivement humble et sympa et nous a récemment offert la paire de Louboutin qui ne lui allait pas.

Dans ce cas, on peut se permettre un LEGER ECART par rapport à notre pensée profonde, juste parce que ça nous fait plaisir de faire plaisir (et d'avoir reçu des Louboutin gratos).

Comment rester élégant et courtois sans trahir son bon goût artistique?

- on utilise des expressions à connotation aimable mais on ne se mouille pas : "Très sympa ton tableau". "Ton dessin exprime bien ce que t'as voulu exprimer". "C''est intéressant" (= on apprend aussi de ses échecs), "Quelles couleurs!" (c'est un fait, il y a des couleurs)

- on critique sans y toucher : "C'est prometteur" (= le prochain roman ne peut être que meilleur), " C'est le début d'une oeuvre"  (attention énorme bouse, on sait pas ce que c'est).

- on est lâche : "Ne me demande pas, je ne suis pas du tout cinéphile", "Ne te fie pas à moi, mon livre préféré c'est Télé 7 Jours"", ou carrément "J'ai pas eu le temps de voir ton court-métrage (qui dure 1 minute et que tu m'as donné ya 6 mois), mais je suis sûre que c'est bien " (la personne retient juste le fait qu'on croit en elle), "C'est trop personnel, ça me gêne de juger, je peux pas" (si, c'est personnel de raconter la chute de l'empire austro-hongrois)

2è option, la personne nous exaspère, elle se trouve géniale et se gorge de confiance en elle, alors qu'elle a pondu une sombre merde. Cela nous arrache la gueule de dire un truc positif, mais on ne peut pas se permettre de dévoiler notre jugement brut.

Comment critiquer avec subtilité?

- par la fausse condescendance: "En tout cas, on voit que tu t'es donné du mal" (ce que t'es laborieux et médiocre comme mec), "Ouh la, ça a dû te prendre du temps d'écrire toutes ces pages" (taper toutes ces conneries, ça doit être long)

- par la puanteur extrême : "Il ya pas mal de maladresses, mais c'est normal, tu débutes". "Mais t'as peint ce tableau dans quel but?", "C'est un essai de toute façon, non? C'est pas la version définitive? ", "J'ai un ami qui s'était lancé comme toi dans l'écriture de scénarios. Il avait plein d'idées originales, lui, je m'en souviens. Bon, enfin, c'est en forgeant qu'on devient forgeron hi hi"

3è option, la personne se la pète, tout le monde l'encense, elle nous insupporte mais son truc est topissime.

Comment reconnaître un talent tout en ne le reconnaissant pas trop quand même?

- On diminue (voire on supprime) le rôle de l'auteur : "J'adore ce genre de tableau : à la fois hyper inventif, et qui pourrait avoir été peint par un enfant de 5 ans". "Avec une équipe comme la tienne, franchement, t'aurais été très fort pour ne pas faire un film génial"

- On se met au même niveau : "C'est dingue ce qu'on arrive à faire aujourd'hui avec les nouvelles technologies" (pas toi en particulier, n'importe qui, c'est clair?), "J'avais fait un truc du même style il y a quelques années, et quand je vois le tien, je me dis que je devrais le ressortir hihi!", "Tu m'as donné envie, je crois que je vais me mettre à la photo d'art (si t'as réussi, tout le monde peut)"

- On reste dans la mesure : "C'est bien, oui". "Bravo" (et pas youpi ouais comment t'as trop assuré putain). "T'auras des spectateurs".

- Eviter le foutage de gueule qui pourrait révéler une pointe de jalousie (alors que vous n'en avez rien à foutre que cette connasse ait réussi là où vous échouez depuis 20 ans). : "ça y est, t'es contente, tout le monde te dit que t'es géniale!?!", "Alors, tu l'as eue ton heure de gloire!!!".

- On fait exprès de ne pas parler de la fameuse oeuvre : "Salut ça va, sinon, tes parents, ton ascenseur en cours de réfection, tu pars où en vacances, t'as des nouvelles de Truc?", "Et toi, t'as vu mon film?" "Ouh la, je traîne, je traîne, je vais être en retard à l'école de chouquette (qui n'a pas classe aujourd'hui)"

Evidemment, la classe ultime étant de toujours faire la part de l'oeuvre et de son auteur.

Quand on pense que c'est brillant, on le dit, même si la personne pète encore plus après.

Quand on pense que ce n'est pas brillant, on ne le dit pas. On est qui pour juger?

Cependant, quand on est l'auteur en question, un truc est infaillible pour détecter la sincérité de la personne en face.

- Il faut qu'elle vienne SPONTANEMENT nous faire des compliments, pas qu'elle réponde à "Alors, t'as lu?", "Alors, t'en as pensé quoi", ou pire "Alors, ça te plait?" (phrase favorite de ma mère quand je suis devant quelque chose que je n'aime pas, et que la personne qui a créé, installé ou porté cette chose, est en face de moi).

Bon, voilà, j'ai beau être une spécialiste en impostures, j'ai récemment dû faire face à un "Alors, t'as lu?".

J'avais lu. 

Et j'ai été bien embêtée.

Il faut bien réfléchir à sa sincérité.

PS: pour ceux qui n'auraient pas encore voté parmi les sous-titres préselectionnés pour ce blog, c'est ici 

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Voici donc les candidats finalistes au rôle crucial de sous-titre de ce blog. 

VOUS LISEZ, VOUS VOTEZ POUR VOS 2 PRÉFÉRÉS (en mettant votre préféré préféré en 1er).

Tout le monde a le droit de participer. Toutes vos réponses seront merveilleuses. (qu'est-ce qu'il faut pas faire...)

1 - Let it belette

2 - La belette qui vous prend pas pour des truffes

3 - La belette à plume, à table et en live

4 - La belette : du haut vol au ras des pâquerettes

5 - La belette au pays des blaireaux

6 - La minute inutile de la belette

7 - Postures et impostures d'une belette 

8 - Arrête ton baratin

9 - Conseil en mythos

Sinon, ça y est, mes leçons d'imposture commencent à fonctionner sur Chouquette. 

Je suis allée la chercher à l'école tout à l'heure.

Chouquette, ya ta maman, chouquette chouquette viens voir!

Non, chouquette, ne pars pas!!!!

Chouquette, un bisou, un bisou!!!!

Chouquette, reste avec moi!!!

Chouquette est hyper populaire (elle fait sa sympa quand il faut faire sa sympa, comme ça après tout le monde lui rend des services et lui file ses Smarties : leçon n°1 de la belette).

En fin de journée, Chouquette la joue indifférente (le seul truc qui l'intéresse quand l'école est finie c'est de récupérer sa tétine, dégage Tess avec tes bisous dégueu). 

Tous les enfants ont commencé à se lever du banc pour faire un bisou à chouquette. Je trouvais ça très choupinou, je souriais niaisement quand soudain,

MAINTENANT CA SUFFIT VOUS VOULEZ TOUS ETRE PUNIS???!!!

Un souffle de Nadine et des années d'enseignement de la belette foutues en l'air.

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Hier, j'ai organisé un brunch surprise à la maison pour les 35 ans de mon amie Pup.

Un brunch pour quelqu'un qui adore les brunchs, un voyage en cadeau pour ce quelqu'un qui adore les voyages, la présence de tous les amis identifiés comme tels au dernier relevé, une abondance de relances pour rappeler aux uns et aux autres la version officielle ("Pup sait que j'organise un brunch, mais juste avec 3 amies") : tout cela aurait dû garantir une perfection organisationnelle inédite jusqu'ici.

C'était sans compter la dimension irrationnelle qui s'empare de chacun dans ce genre de contexte. 

2 options :

- on n'ose rien dire de peur de dévoiler une bribe du "secret", quitte à oublier de souhaiter l'anniversaire le Jour J, à ne poser aucune question (alors qu'on est plutôt du genre à) voire à ne pas adresser la parole à la personne pendant des semaines.

- on fait tranquillement des gaffes monstrueuses (et après soit on croit qu'on est trop fortes en retournement psychologique et on se vante de s'être "super bien rattrapée" (alors qu'on a surtout mis une méga puce à l'oreille de la personne cf quelqu'un demandant à Pup "Tu fais quoi ce week end? " Pup "Je vais bruncher dimanche chez une amie " "Ah moi aussi! " (alors qu'il est de notoriété publique que la personne ne va jamais à des brunchs).

La Belette d'or de la Gaffe étant cette fois remise à une personne qui n'a pas pu assister au brunch. 

- Alors, Pup, tes amis t'ont prévu quelque chose pour ton anniversaire?

- Oui, la belette m'organise un brunch chez elle avec quelques amis.

- AH T'ETAIS AU COURANT? Elle m'a proposé de venir, vraiment j'aurais adoré, mais je ne peux pas cette semaine-là, quel dommage! La réponse de Pup montre qu'elle ne savait pas que cette personne était conviée (forcément, j'avais bien précisé qui était supposé l'être).

Alors, cette jeune femme très inspirée m'a envoyé un mail pour noyer sa gaffe dans un mytho : " Je suis très étonnée, car hier Pup m'a parlé du brunch que tu organises, et m'a dit que tu allais me proposer de venir, si ce n'était déjà fait. Alors, je n'ai pas nié que tu m'avais contactée..." (donc Pup fait elle-même les invitations pour son brunch-surprise? Et tu fais partie des très intimes dont j'ai parlé ?). 

Je précise, bien sûr, que je n'ai eu vent des gaffes qu'hier (c'est plus drôle une fois qu'on croit que la surprise a pleinement fonctionné).

Quelques temps forts relatifs à la party et à son organisation: 

- j'ai aimé la réponse d'une invitée "Désolée je ne suis disponible pour aucune des deux options  (NDLR : deux dates un mois plus tard, deux dimanches successifs d'octobre hors vacances), mais je suis sûre que ce sera une très bonne soirée (12H30, ça correspond à une soirée, chez toi?).

- j'ai aimé le "je viens/je viens pas/je viens" suivi du "je viens avec mon mari/ seule/avec mon mari" qui s'est fini en "je viens seule" (envoi d'un mail 1h avant le début du brunch). J'ai donc demandé ce qu'avait le mari en question "un rhume, tu connais les hommes", suivi d'une série d'excuses pipeaux en rafale, une histoire de match de rugby vu à la télé et je sais plus quoi (NDLR : trop d'excuses tue l'excuse, je vous ferai un cours là-dessus). 

- j'ai pu constater tous les bons points cumulés par l'armée de profs présents (80 % des participants) : toutes mes consignes ont été suivies à la lettre, tout le monde était à l'heure, poli, prévenant et tout et tout. Je ne comprends pas pourquoi on supprime sans cesse des milliers de postes d'enseignants, alors qu'ils sont indispensables à la mise en oeuvre des brunchs. 

- j'ai découvert le système du je viens avec je repars avec (j'amène des tartes salées, et je les reprends puisqu'il en reste ou tiens j'ai aimé tel truc donc je l'embarque en intégralité, comment ça, d'autres gens en voulaient peut-être?). 

- j'ai failli me faire assassiner dans ma baignoire par l'homonyme d'une fille présente hier que j'avais jointe au téléphone par erreur ("c'est bizarre votre histoire d'anniversaire surprise, j'y crois pas une seconde, vous êtes qui d'abord, j'y crois pas du tout" ( elle a cru que j'étais la maîtresse de son mec et m'a harcelée d'appels...). 

- une instit de Petite Section m'a appris qu'elle faisait chaque jour un compte rendu aux parents sur l'évolution de chaque enfant (Ah bon, genre tu leur parles?), j'expliquais pour ma part que bon Nadine, c'est plutôt un summum conversationnel d'obtenir un au revoir de sa part (aujourd'hui cependant embryon d'échange mais j'ai pas osé poursuivre de peur qu'on m'accuse de vouloir savoir des choses sur mon enfant). 

Au final, je dirais que Pup a ressenti l'intensité émotionnelle d'une Ségolène mêlée à la satisfaction d'un Montebourg. 

Je ne lui dirai jamais combien j'ai payé chaque participant.

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